Décarbonation – Time to Change 2026

Immobilier résidentiel durable : les chantiers de la rénovation énergétique

Publié le 22 mai 2026 à 10h00

Anne del Pozo    Temps de lecture 3 minutes

« En politique publique, nous avons mis en place un certain nombre d’instruments, notamment le renforcement du poids des DPE qui incitent aux opérations de rénovation et nécessitent des financements pour le réaliser, explique Michèle Pappalardo, présidente, Label ISR. Le label ISR peut être un levier pour accélérer la rénovation énergétique du parc immobilier, dont une part importante est peu performante (classes F et G). Il impose aux fonds de mesurer et d’améliorer leurs performances. A cet effet, ils doivent faire du reporting sur des indicateurs dont deux sont obligatoires : l’énergie et le carbone. Le label valorise ainsi les investissements responsables et guide les acteurs vers une amélioration globale. » « Pour aller chercher des financements, nous avons créé une SCPI entièrement dédiée au logement et à la rénovation de logement, explique Jérémie Rouzaud, président, Kyaneos Asset Management. Nous avons réussi à collecter 500 millions d’euros d’épargne, ce qui nous a permis de rénover près de 6 000 logements. Aujourd’hui, on est sur un rythme de 600 à 1 000 logements rénovés chaque année sur le parc immobilier locatif privé. Nous avons intégré tous les métiers de la chaîne, cela prouve que le modèle existe et qu’il est possible de rénover des logements tout en ayant une performance financière qui est intéressante. »

Investissement immobilier : créer de la valeur verte

« L’investissement immobilier via des fonds confère un effet de levier et de massification, mais pose la question de la mesure de la performance financière et extra-financière, ainsi que du rôle encore débattu de la “valeur verte” dans le rendement », constate Véronique Donnadieu, déléguée générale, Aspim. « La loi Energie climat et surtout le permis de louer mis en place dans plusieurs communes de France ont permis de créer cette valeur verte, précise Jérémie Rouzaud. La réglementation a sorti des logements du marché, ce qui a conduit à une pénurie de logements puis à une hausse des loyers mais aussi de la valorisation. Les années actuelles sont donc les meilleures pour investir dans l’immobilier résidentiel sur cette activité de rénovation puisqu’on achète des immeubles abîmés à des prix de plus en plus bas. Et une fois qu’ils sont rénovés, la valeur a plutôt tendance à augmenter. » « La rénovation doit également mieux intégrer les enjeux climatiques comme la chaleur ou les tempêtes, souvent négligés jusqu’ici, ajoute Michèle Pappalardo. Il faut également privilégier la sobriété énergétique réelle. »

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