« Les cat bonds, ou obligations catastrophes en français, sont un sous-segment des insurance-link securities (ILS), explique François Divet, head of insurance-linked securities, BNP Paribas Asset Management Alts. Celui qui cherche à se couvrir, qui est principalement un assureur ou un réassureur, paie une prime, le spread, pour couvrir son risque. A cet effet, nous allons mettre en place un SPV qui transforme un contrat de réassurance en un produit financier. Quand nous investissons dans le cat bond, le cash va être ségrégé dans ce SPV, ce qui veut dire qu’on n’a pas de risque de crédit sur le sponsor du cat bond, l’assureur ou le réassureur. S’il y a un événement de défaut qui survient, l’argent est ségrégé dans le SPV et les investisseurs sont donc remboursés. La performance était très bonne avec 7,5 % de rendement sur les 20 dernières années en moyenne et une volatilité de l’ordre de 5 %. », « Les cat bonds constituent avant tout un outil de transfert de risques et de gestion de capital pour les assurances, ajoute Vittorio Vermigli, senior business development manager (EMEA), Swiss Re. Ils complètent les réassurances traditionnelles en permettant de diversifier et de gérer efficacement les risques des catastrophes majeures sur l’ensemble du cycle. Il existe donc clairement une logique DLM sous-jacente à cette classe d’actifs. L’alignement des intérêts en est l’élément clé. Les assurances conservent généralement une part significative du risque. » « Historiquement, les cat bonds occupent une place assez unique dans l’allocation d’actifs, mais leur pertinence est encore plus forte dans le contexte actuel et ils vont apporter une réponse très concrète autour de trois axes : la diversification, le niveau rendement très attractif, et la protection face à l’inflation car les cat bonds sont généralement à taux variable, indexés sur des taux courts », précise Karim Carmoun, directeur général, GAM Investments France.
Les risques liés aux cat bonds
« Les cat bonds sont généralement des instruments cotés, entièrement collatéralisés, avec des maturités définies et des déclencheurs clairement spécifiés, poursuit Karim Carmoun. On est sur un marché connu, sur lequel on a absolument toutes les métriques qu’on maîtrise. La valorisation est déterminée par des événements externes plutôt que par des mouvements de marché et des événements naturels. » « L’augmentation de la fréquence et de la sévérité des catastrophes naturelles est bien documentée et la modélisation et l’analyse de scénarios pour mieux comprendre ces risques est au cœur de la réponse du secteur, précise Vittorio Vermigli. L’intelligence artificielle et les partenariats scientifiques renforcent cette approche, visant une analyse plus rapide et précise, tout en reconnaissant que le risque reste incertain et probabiliste. »