Time to change

Les débats de l’AF2I – Edition 2026

Publié le 22 mai 2026 à 10h00

Sandra Sebag    Temps de lecture 4 minutes

Time to Change est depuis sa création un lieu où sont évoqués les travaux des principales commissions de l’AF2I qui illustrent les grandes transformations à l’œuvre dans l’investissement institutionnel. Cette année encore, et peut-être même davantage que l’an dernier, les investisseurs institutionnels ont évoqué «  » qui affecte l’investissement responsable.

La commission Investissement responsable sur tous les fronts

Le président de la commission investissement responsable de l’AF2I, Josselin Kalifa, également directeur de la gestion de placement à la CDC, a ouvert les échanges en affirmant qu’« il est essentiel de garder le cap avec constance et exigence » face aux transformations outre-Atlantique et à la critique de l’ESG. Il a également détaillé deux initiatives importantes visant à faire progresser la place de Paris. La première concerne la biodiversité. Deux fonds dédiés ont ainsi été lancés entre 2024 et 2025, réunissant une vingtaine d’acteurs pour un montant total d’environ 400 millions d’euros. La seconde initiative remonte à 2019 et porte sur le climat, elle a donné lieu à la création de trois fonds alignés sur les accords de Paris avec un encours de 700 millions d’euros. L’objectif est maintenant de tirer des enseignements opérationnels de ces investissements et de dresser des lignes directives pour ces thématiques. Par ailleurs, parmi les priorités évoquées par l’AF2I figure la souveraineté des données extra-financières. Pour l’association, l’Europe a encore une carte à jouer sur leur qualité et surtout en matière de souveraineté. Sur le nucléaire, Bernard Descreux (EDF), également membre de la commission sur l’investissement durable, a insisté sur la nécessité de clarifier les débats : « Le nucléaire joue un rôle clé dans la transition énergétique, mais il reste entouré de nombreuses idées fausses. » Il a rappelé ses atouts en matière de souveraineté et de décarbonation, tout en pointant les divergences d’analyse ESG. « Il existe aujourd’hui une grande hétérogénéité dans les notations et les labels, ce qui laisse une responsabilité importante aux investisseurs », précise Bernard Descreux. Jean-Bernard Ott (CAVP) a présenté quant à lui les avancées du questionnaire ESG de place. L’objectif est de gagner en efficacité et en fiabilité dans les échanges entre sociétés de gestion et investisseurs. « Avec 178 sociétés de gestion participantes et une trentaine d’investisseurs institutionnels, cet outil devrait s’imposer progressivement comme un standard de marché », précise Jean-Bernard Ott.

Formation : attirer et former les talents

La commission formation, portée par la présentation de Philippe Dutertre, a mis l’accent sur les enjeux de diversité et d’attractivité des métiers. Revenant sur une conférence dédiée aux femmes dans l’investissement, il a souligné la nécessité de poursuivre les efforts. Désormais, l’accent sera aussi mis sur les nouvelles générations.

Recherche : repenser la décision en univers incertain

La commission recherche a, de son côté, engagé une réflexion approfondie sur la notion d’incertitude. Christian Walter a rappelé les fondements théoriques : « Il est essentiel de distinguer le risque, qui est calculable, de l’incertitude, qui ne l’est pas. » Cette distinction a des implications directes pour les investisseurs : « Beaucoup d’outils construits pour des environnements risqués ne fonctionnent pas dans un monde dominé par la contingence », affirme Christian Walter. La commission se propose donc de revoir les modèles et les outils, une démarche essentielle à l’heure de l’IA.

Des prix pour valoriser la recherche

Trois jeunes chercheurs ont été primés par la commission de recherche de l’AF2I. Ils sont venus présenter l’état d’avancement de leurs travaux. Clément Gillet de l’Université Paris Dauphine travaille sur la dimension sociale de l’ESG et plus particulièrement sur le rôle du dialogue social. Eugenio Parisi, du CREST, analyse dans sa thèse l’impact des investissements des fonds de capital-investissement dans les crèches avec un focus sur la France. Le troisième chercheur est Yujun Huang, de l’Université Paris Dauphine, qui analyse l’allocation d’actifs dans un contexte de réchauffement climatique. Enfin, en conclusion de la session sur les travaux de l’AF2I, la commission risque et produits d’investissement a présenté ses travaux articulés autour de deux axes : l’engagement dans l’obligataire et les techniques d’allocation stratégique.

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