90 % des marchandises sont transportées par la mer et le maritime représente plus de 3 % des émissions de gaz à effet de serre. Le monde maritime s’est fixé des objectifs très ambitieux pour décarboner l’objectif net zéro à 2050. « Pour Haropa Port, la décarbonation se jouera à terre, explique Christophe Berthelin, directeur général adjoint en charge de la comptabilité et des finances, Haropa Port. Nos enjeux consistent notamment à accompagner et accélérer la décarbonation de l’ensemble de la chaîne logistique, à mettre en œuvre des orientations européennes fortes, notamment en matière de branchement électrique à quai des navires, ou à encore disposer à terme dans les zones portuaires des carburants renouvelables ou bas carbone qui devront s’imposer dans le transport maritime, secteur qui devra réduire de 80 % ses émissions de CO2 d’ici 2050. » Au-delà des infrastructures portuaires, il y a de plus en plus de commandes de navires propulsées au gaz naturel liquéfié ; des navires à propulsion par le vent commencent à prendre la mer ; le méthanol se développe dans ces transports. Les investissements dépassent les 2 000 milliards de dollars sur des énergies alternatives et des carburants alternatifs pour le maritime. « Il n’est pas nécessairement difficile d’investir dans la décarbonation du secteur maritime mais il faut le faire de façon pragmatique, au vu des solutions technologiques viables et pertinentes économiquement, explique Guillaume Branco, managing director – asset-based, Eurazeo. D’un point de vue européen, le cadre réglementaire est assez clair sur les prochaines années et tout investissement permettant de réduire la consommation de carburant va permettre de réduire les dépenses opérationnelles et les taxes carbone, et sera donc rapidement rentable. S’il est difficile pour les acteurs du maritime de s’engager sur une technologie ou un type de carburant car ils sont tributaires du reste de la chaîne de valeur, en revanche, il est tout à fait approprié pour eux d’investir dans de nouveaux navires qui, sans nécessairement utiliser de nouveaux carburants, peuvent par exemple réduire leur consommation de carburant de 20-30 %. Différentes solutions existent donc et représentent des montants d’investissement raisonnables par navire, qui deviennent rentables sur seulement quelques années. Les investissements à court ou moyen terme doivent se concentrer là-dessus et les besoins sont conséquents avec relativement peu de sources de financement ou de capital adaptées, donc une réelle opportunité pour les investisseurs. »
Décarbonation – Time to Change 2026