« Il est indispensable de relancer l’exploration minière pour la souveraineté de l’Europe et pour répondre aux enjeux géopolitiques que nous connaissons aujourd’hui », explique Pascal Allizard, sénateur du Calvados. « Aujourd’hui, la taxonomie n’évoque pas du tout le secteur minier, mais il est écrit dans un rapport annexe que les métaux, dont une liste est définie, sont indispensables à la transition énergétique, précise Benjamin Louvet, directeur des gestions matières premières, OFI Invest Asset Management. Il y a donc la nécessité d’inclure le secteur minier dans la taxonomie. D’autant plus que les investisseurs font face à un problème d’injonction contradictoire qu’il faudrait lever : d’un côté l’Etat encourage fortement les investissements dans le secteur minier pour renforcer la souveraineté énergétique et industrielle de l’Europe ; de l’autre, il impose des critères stricts en matière d’ESG qui ne prennent pas en compte les métaux dans leur cadre actuel. Les investisseurs doivent également faire face au problème de la rentabilité longue du secteur minier. » « Face à une demande en forte croissance concernant le lithium notamment, pour servir la filière française et européenne des véhicules électriques, le projet Emili vise à exploiter un gisement en France afin de sécuriser l’approvisionnement tout en prenant en compte les enjeux environnementaux », explique Alan Parte, vice-président lithium, Imerys. « Alors qu’il est difficile de financer cers projets de long terme, la solution pourrait être de réaliser de grands emprunts au niveau européen pour constituer un stock de métaux qui seraient loués aux industriels, ce qui permettrait de soutenir la filière, de financer le recyclage et de répartir le coût de cette transformation sur plusieurs générations », conclut Benjamin Louvet.
Décarbonation – Time to Change 2026