« La réglementation et notamment la CSRD devaient mettre à notre disposition quantité de données fiables, robustes, pertinentes, comparables, et qui ont été challengées par des vérificateurs, précise Dendo Azema, chargée de la politique ISR, Aema Groupe. Nous n’y sommes pas encore. Cependant, depuis la première publication CSRD, nous constatons trois points positifs : la double matérialité, les plans de transition et, plus généralement, le fait que cette réglementation fait le lien entre le financier et l’extra-financier, ce qui permet d’avoir une vision à 360 degrés de l’entreprise. Cette allocation du capital nous permet de voir où l’entreprise projette son développement futur. Les investisseurs ont en effet besoin de ces données pour pouvoir flécher les flux financiers, mesurer leur impact et gérer leurs risques. » « Si l’on veut regarder des données qui soient prospectives, on va avoir besoin de commentaires qualitatifs, explique Elise Beaufils, deputy head of sustainability, Lombard Odier IM. Nous avons aussi besoin du contenu qualitatif qu’on trouve dans les rapports CSRD des entreprises, de comprendre leur stratégie. Il faut cependant être capables de mettre de place des indicateurs de crédibilité sur ces données. » « Face au volume croissant de données (publiques, privées, internes), une plateforme comme celle de Weefin permet de les agréger et de les tester, souligne Laura Aich, COO, Weefin. Elles sont ensuite mises en qualité au travers de la technologie, mais aussi d’expertises, puis redistribuées dans les outils des investisseurs, leurs reportings ou même pour les analyses. Dans ces processus, l’IA permet de décupler notre technologie. » « Si l’on doit faire le lien entre l’IA et la notation sur la base des rapports CSRD, il est indispensable d’accompagner l’utilisation de l’IA d’une analyse qualitative », nuance Dendo Azema. « L’IA facilite le travail de l’analyste mais ne le remplace pas », ajoute Elise Beaufils.
ESG – Time to Change 2026