Climat et transition énergétique – Time to Change 2026

Trajectoire 2030 : et s’il fallait s’adapter à un monde à + 3 °C ?

Publié le 22 mai 2026 à 10h00

Anne del Pozo    Temps de lecture 3 minutes

Le réchauffement climatique a déjà atteint environ + 1,36 °C par rapport à l’ère préindustrielle et continue de s’accélérer. « Les projections scientifiques indiquent que, sans efforts supplémentaires, le monde pourrait se diriger vers un réchauffement d’environ 3 °C d’ici la fin du siècle, explique Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, CEA. Au-delà de 2 °C, les réactions des écosystèmes deviennent plus incertaines, avec des risques d’effets irréversibles. Les infrastructures humaines, conçues pour un climat passé, dépassent désormais leurs seuils de tolérance, ce qui aggrave les impacts. Dans un monde interconnecté, les conséquences de ce réchauffement climatique se diffusent par ailleurs à tous les compartiments de la vie humaine mais aussi de la vie économique. L’adaptation au changement climatique est donc indispensable. » « Aujourd’hui, nous sommes sur un scénario de transition retardé avec moins de risques de transition et plus de risques physiques, ainsi que la nécessité de s’adapter à ces derniers, ajoute Alix Chosson, senior ESG analyst, climate & environment specialist, Candriam. Les derniers scénarios NGFS stipulent qu’avec un scénario de + 3 degrés, on est plus autour de 30 % du PIB mondial que de 10 % comme on le pensait auparavant. Une matérialité financière que nous devons intégrer en tant qu’investisseurs. D’autre part, nous sommes avec le climat sur des événements dont on sait que le risque augmente, mais avec une incertitude assez forte sur quand et où ça va se passer. » « En tant qu’investisseurs, il est donc important de construire des scénarios alternatifs et de changer la manière d’analyser et de construire nos portefeuilles », indique Luisa Florez, directrice des recherches en finance responsable, OFI Invest Asset Management.

Les clés d’une adaptation réussie

« Avant même de parler d’adaptation, il convient de parler d’atténuation, de décarbonation, souligne Fabien Chene, head of SE advisory services Europe, Schneider Electric. Ces dernières années, on a énormément mesuré et reporté, mais peu transformé. La maturité des entreprises sur le sujet varie selon les secteurs. Si beaucoup d’entreprises ont un diagnostic, peu ont un plan et encore moins l’exécutent. Il y a encore un vrai sujet de compréhension et d’identification des risques climatiques physiques et de transition, puis de quantification financière de ces risques. » « Il faut par ailleurs être vigilant sur la “mal-adaptation” des actions mises en œuvre, qui peuvent augmenter ou déplacer des vulnérabilités, donc créer les risques de demain, poursuit Valérie Masson-Delmotte. Une des manières d’éviter cet écueil consiste à examiner les différents leviers d’action sous l’angle de leurs implications. » « L’adaptation, ce n’est pas une notion de technologie, ajoute Alix Chosson. Il faut une notion transformative, d’organisation de la gouvernance et d’organisation de la résilience. » « Il faut mettre, au cœur des discussions sur l’autonomie européenne, des trajectoires à long terme et une gouvernance commune pour définir une durabilité tous ensemble », conclut Luisa Florez.

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