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Comment les fonds de private equity doivent et peuvent répondre aux quelques incertitudes qui gagnent le marché

Publié le 14 avril 2023 à 11h00

Alvarez & Marsal    Temps de lecture 8 minutes

Avec 225 deals par an en moyenne, la période 2016-2021 a été une sorte d’âge d’or pour les fonds de private equity en France. Cela a correspondu à une croissance de près de 40 % en comparaison de la période 2010-2015. Un record. En dépit de deux années de défis liés à la Covid et un bouleversement géopolitico-diplomatique majeur, l’année 2022 a tenu bon, modulo un léger fléchissement en fin d’année. Pour la suite, on serait tenté de conjecturer que 2023 pourrait être marquée par un ralentissement du nombre de transactions.

Par Renald Bejaoui, managing director, Alvarez & Marsal

Tensions géopolitiques, inflation, hausse des prix des matières premières, disruption des chaînes d’approvisionnement, difficultés de financement plus marquées : ces conditions défavorables, qui pouvaient apparaître comme de simples secousses, ne relèvent aujourd’hui plus d’un scénario hollywoodien de business-fiction, mais bien de la réalité des premiers mois de 2023. L’objet ici n’est pas tant de noircir le tableau que de prendre conscience d’une situation concrète pour en tirer les meilleures conséquences.

Bien entendu, de nombreuses entreprises sous LBO peuvent compter sur des fondamentaux solides, des équipes de management expérimentées – quoique généralement plus coutumières des périodes de croissance que de celles de challenges accrus – et des actionnaires solides. Aucune, en revanche, ne pourra se reposer sur un totem d’immunité. Pour certaines, le couple croissance-rentabilité traversera quelques zones de turbulence dans les mois à venir.

Faut-il voir ici la fin d’un cycle de croissance ou d’un âge d’or ? Celui qui prétendrait connaître la réponse exacte à cette question serait bien présomptueux – que cette réponse soit résolument optimiste ou désespérément pessimiste.

Ce qu’il est possible de faire, en revanche, c’est constater. Constater, par exemple, que l’époque des financements abondants, qui ont permis d’alimenter nombre de LBO, tend à être révolue. Les guichets ne sont pas fermés ; simplement, les guichetiers sont plus prudents. Les leviers diminuent, les covenants sont plus serrés, les simulations et tests de sensibilité à des scénarios plus pessimistes sont scrupuleusement étudiés.

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