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Estimer la valeur recouvrable des actifs : oui, mais à quelle date ?

Publié le 7 janvier 2026 à 14h17

Advolis    Temps de lecture 4 minutes

Lors de ses vœux, le président de la République a souligné la solidité de certains indicateurs macroéconomiques français. Pourtant, les conditions de marché au 31 décembre 2025, utilisées pour les évaluations comptables, pourraient ne pas durer. A quoi bon les retenir ? Et, partant de là, à quelle date rattacher les évaluations de fin d’année ? Sont-elles, consciemment ou non, déformées par le poids du passé ou les incertitudes du futur ?

Par Hugues de Noray, associé, Advolis

Les valorisations, bien qu’ancrées à une date précise, sont souvent influencées par le passé ou des projections futures incertaines. Les méthodes d’évaluation et les normes comptables, comme IAS 36, jouent un rôle clé dans ces biais.

1. Juste valeur : une évaluation à la date précise

Lorsque la valeur recouvrable est calculée selon la juste valeur, elle reflète les conditions de marché à la date d’évaluation. Ainsi, la réponse à la question posée est explicite, précise et fermée.

Ce modèle, bien que précis, est critiqué pour sa volatilité et son caractère procyclique. En pratique, lorsque la juste valeur repose sur des données comparables (multiples de transactions ou boursiers), il existe néanmoins une corde de rappel vers le passé parce que les agrégats d’EBIT ou de chiffre d’affaires sont déjà vieux d’un ou plusieurs semestres.

2. Valeur actuelle : projections et actualisation

Le modèle dominant pour les tests de dépréciation repose sur la valeur actuelle, calculée à partir de projections futures. Les paramètres financiers des taux d’actualisation, au 31 décembre 2025, restent favorables : taux sans risque compensé par une baisse des primes de marché, inflation maîtrisée sous 2 %, et PIB en croissance (+ 0,9 %). Ces paramètres soutiennent des valorisations élevées. Faudrait-il retenir des données différentes ? La pratique accepte couramment des moyennes historiques sur un an, mais jamais de correction prospective faute d’opposabilité.

Par ailleurs, la non-réalisation des prévisions passées se traduit souvent en pratique par des primes spécifiques dans le calcul du taux d’actualisation. Autrement dit, tant que les données prévisionnelles sont suspectées de biais optimistes, elles ne sont pas retenues sans un fort effet d’expérience.

Et lorsque le test de dépréciation a été effectué à une date éloignée du 31 décembre, il est nécessaire de s’assurer que les conditions de marché n’ont pas significativement évolué.

3. Le poids du futur dans les évaluations

Les projections futures sont...

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