Abonnés

L’actualité fiscale en bref

Intégration fiscale horizontale : l’exclusion des groupes sous contrôle extra-européen n’est pas discriminatoire

Publié le 23 mars 2026 à 17h10

CMS Francis Lefebvre    Temps de lecture 2 minutes

Par Pierre Burg, avocat counsel, CMS Francis Lefebvre

On sait que le régime français de l’intégration fiscale a longtemps été réservé aux seuls groupes verticaux mais qu’il est depuis 2014 également ouvert aux groupes horizontaux, sous réserve dans ce cas que l’entité mère non-résidente (EMNR) détenant les sociétés françaises soit située dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein ou en Norvège.

Toutes choses égales par ailleurs, la loi nationale établit donc une distinction entre des sociétés françaises en fonction uniquement de l’Etat de résidence de leur actionnaire.

Or les conventions fiscales interdisent généralement de soumettre les entreprises françaises détenues par un résident de l’autre Etat à des modalités d’imposition différentes de celles qui s’appliquent aux autres entreprises françaises similaires.

Trois sociétés françaises indirectement détenues par une même société suisse ont invoqué cette règle pour revendiquer la formation d’un groupe d’intégration horizontale.

Le Conseil d’Etat vient toutefois de juger que ces sociétés n’ont subi aucune discrimination. Selon lui, leur situation doit en effet être comparée avec celle qui aurait été la leur si elles avaient été détenues par une société mère française. Or les sociétés n’auraient dans ce cas pas pu former entre elles un groupe d’intégration horizontale, mais uniquement un groupe d’intégration verticale comprenant la société mère1.

De façon paradoxale, les sociétés françaises se voient donc opposer le fait qu’elles sont détenues par une société qui aurait (théoriquement) été éligible à l’intégration verticale si elle avait été française, alors que c’est précisément parce que la société suisse n’est (en réalité) pas éligible à l’intégration verticale que les sociétés ont revendiqué une autre forme d’intégration, à savoir l’intégration horizontale.

Leur position s’inspirait du raisonnement adopté par...

Dans la même rubrique

Abonnés EMIR 3 : l’ESMA assouplit l’obligation de représentativité du compte actif

Fruit de travaux initiés il y a près de dix ans dans le contexte d’un Brexit fraîchement voté,...

Abonnés Régime fiscal des titres de participation : la loi de finances pour 2026 est sécurisante !

Une mesure discrète de la loi de finances pour 2026 pourrait apporter une amélioration réelle pour...

Abonnés L’opposabilité des pactes extrastatutaires et des actes qu’ils contiennent aux personnes devenant associés postérieurement à leur signature

Par un arrêt du 11 février 2026 (Com. 11 février 2026, F+B, n° 24-18.443), la chambre commerciale de...

Voir plus

Chargement…