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Prévenir plutôt que subir : les procédures amiables, un outil stratégique de gouvernance

Publié le 24 mars 2026 à 14h23

Oratio Avocats    Temps de lecture 9 minutes

Longtemps perçues comme des outils de dernier recours, les procédures de prévention des difficultés des entreprises ont profondément changé de statut. Mandat ad hoc et conciliation ne sont plus seulement des mécanismes juridiques destinés à gérer l’urgence, mais de véritables instruments de gouvernance. Dans un environnement économique incertain, elles permettent aux dirigeants et aux directions financières d’anticiper les tensions, de structurer le dialogue avec leurs partenaires et de préserver la valeur de l’entreprise avant que la contrainte judiciaire ne s’impose.

Par Guillaume Clouzard, avocat associé, Oratio Avocats

1. Anticiper dans un environnement économique durablement sous tension

Le contexte économique oblige aujourd’hui les entreprises à changer de regard sur la manière dont elles traitent leurs difficultés. A fin janvier 2026, la Banque de France comptabilisait 68 961 défaillances d’entreprises sur 12 mois glissants, chiffre supérieur au niveau d’avant-crise, avec environ 203 000 emplois menacés.

Après la période de soutien massif liée à la crise sanitaire, les entreprises évoluent désormais dans un environnement marqué par la remontée des taux d’intérêt, la normalisation des conditions de financement, l’allongement des délais de paiement et une volatilité accrue de certains marchés. Dans ce cadre, les difficultés financières ne prennent plus nécessairement la forme d’une rupture brutale, mais s’installent souvent de manière progressive, par une érosion lente de la trésorerie, une dégradation du besoin en fonds de roulement ou une accumulation de renégociations bancaires.

Pour les dirigeants, les directeurs financiers et les directions juridiques, cette situation crée une zone de vigilance particulière. L’entreprise n’est pas encore en cessation des paiements, mais ses marges de manœuvre se réduisent. Les signaux faibles se multiplient : tensions récurrentes sur la trésorerie, dépendance accrue à des financements court terme, fragilisation de certains clients ou fournisseurs stratégiques. Pris isolément, ces signaux peuvent sembler conjoncturels. Pris ensemble, ils traduisent souvent une dégradation structurelle qui appelle une réponse organisée.

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