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Recapitalisation-cession : analyse et perspectives après la décision Adeo

Publié le 5 mai 2026 à 12h08

Arsène    Temps de lecture 4 minutes

Par une décision du 30 mars 2026(1), le Conseil d’Etat a de nouveau précisé le traitement fiscal des titres émis lors de la recapitalisation d’une filiale en difficulté, ainsi que les conséquences de leur cession sur la déductibilité des moins-values.

Par Vincent Briand, associé, et Clara Messmer, collaboratrice, Arsène

La loi de finances rectificative pour 2012 a institué un dispositif excluant, sous conditions, la déductibilité des moins-values à court terme réalisées lors de la cession, dans un délai de deux ans suivant leur émission, de titres de participation lorsque leur valeur réelle était, dès l’origine, inférieure à leur valeur comptable2.

Depuis son entrée en vigueur, ce dispositif a donné lieu à un contentieux nourri, notamment sur la qualification des titres issus de recapitalisations. L’administration fiscale s’est montrée particulièrement active dans le contrôle de ces schémas, en remettant en cause la qualification comptable et fiscale retenue et en assortissant parfois les rectifications de pénalités pour manquement délibéré3.

Dans l’affaire Adeo, la société mère avait recapitalisé une filiale turque confrontée à de graves difficultés, moins d’un an avant de décider sa liquidation amiable. Pour tenir compte des contraintes locales, cette recapitalisation a conduit à l’émission de nouveaux titres, que la société mère a comptabilisés comme des titres de placement au regard du PCG4, au motif qu’ils ne traduisaient pas (i) une détention durable et (ii) l’exercice d’une influence ou d’un contrôle.

Le Conseil d’Etat devait ainsi trancher la qualification, au moment de leur émission, de titres souscrits dans un contexte de liquidation amiable, afin de déterminer si le mécanisme de limitation de déductibilité des moins-values était applicable.

La réponse est nette : la recapitalisation...

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