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Règlement déforestation (EUDR) : un nouveau chantier de conformité pour les entreprises européennes

Publié le 7 avril 2026 à 15h57

CMS Francis Lefebvre    Temps de lecture 4 minutes

Le règlement (UE) 2023/1115 du 31 mai 2023 (« EUDR »), tel que modifié le 19 décembre 2025, instaure un cadre exigeant de traçabilité et de diligence raisonnée pour les entreprises mettant sur le marché de l’Union européenne des produits liés à la déforestation.

Par Amaury Le Bourdon, avocat counsel, et Karim Soussi, avocat, CMS Francis Lefebvre

Le report de son entrée en application – au 30 décembre 2026 pour les grandes et moyennes entreprises, et au 30 décembre 2027 pour les micro-opérateurs et petits opérateurs primaires – offre un délai aux entreprises pour intégrer l’EUDR dans leurs dispositifs de conformité. Encore faut-il en maîtriser les implications concrètes.

1. Cartographier son exposition au RDUE

La première étape consiste à déterminer si les marchandises importées relèvent du champ d’application du règlement. Les « produits en cause », issus des bovins, du cacao, du café, du palmier à huile, du caoutchouc, du soja ou du bois, sont strictement listés à l’annexe I du règlement (par exemple, certains cuirs de bovins, la pâte de cacao, le charbon de bois) et identifiés par leur code douanier déclaré à l’importation.

Conformément aux codes douaniers des marchandises, un audit des flux d’approvisionnement s’impose afin d’identifier si les marchandises importées, commercialisées ou exportées contiennent – ou sont dérivées de – ces matières premières listées en annexe I.

2. Déterminer son rôle dans la chaîne de valeur

Le niveau d’obligation dépend étroitement du rôle de l’entreprise dans la chaîne de distribution et de sa taille.

L’« opérateur en amont », c’est-à-dire celui qui met sur le marché (ou exporte) les marchandises visées par le règlement, est soumis à une obligation complète de diligence raisonnée qui impose :

– la collecte d’informations documentées : notamment quantités, périodes de production, et surtout géolocalisation des parcelles d’origine, y compris pour chaque matière première des produits concernés ;

– l’évaluation des risques, visant à démontrer que les produits sont à la fois « zéro déforestation » et conformes au droit du pays de production ;

– la présentation d’une déclaration de diligence raisonnée (DDR) sur la plateforme EUDR, etc.

Pour alléger les obligations de certaines entreprises, une nouvelle catégorie d’« opérateur en aval » a été instituée, dont les obligations sont désormais alignées sur celles incombant aux « commerçants » qui se situent en aval des opérateurs dans la chaîne d’approvisionnement. Il revient principalement à ceux-ci de collecter et conserver les données d’identification de leurs fournisseurs ainsi que, selon les cas, les numéros de référence des DDR amont.

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