Vous venez de publier votre étude annuelle « Global M&A Industry Trends ». Quel bilan tirez-vous de l’année 2025 ?
Le marché mondial du M&A a augmenté de 36 % en valeur, mais est resté stable en volume avec une hausse de seulement 1 %. En effet, les méga-deals ont tiré la croissance, en particulier aux Etats-Unis où les transactions ont augmenté de 55 % en valeur. Le marché est très polarisé, y compris en termes de secteurs d’activité, avec une forte concentration dans la tech portée par l’intelligence artificielle (IA), la cybersécurité et la donnée, ainsi que dans la santé et les services financiers. Dans l’ensemble, nous constatons une confiance inégale qui incite les investisseurs, entreprises ou private equity, à agir avec prudence. En France, une quinzaine de LBO ont dépassé le milliard d’euros en 2025, contre une dizaine en 2024 et environ 25 au plus haut en 2021. Le marché reste très sélectif, avec près de 35 % des transactions qui n’ont pu être finalisées en raison d’écarts de prix entre les attentes des vendeurs et des acheteurs, notamment sur le mid-market. Par ailleurs, environ une sortie de LBO sur cinq se fait désormais via un fonds de continuation. De plus, la finalisation des opérations demande davantage de temps en raison d’une sélectivité accrue. Pour être attractif, il faut pouvoir démontrer sa capacité à réussir sa transformation technologique et mettre en évidence une trajectoire de création de valeur différenciante. Et cela nécessite davantage d’analyse en amont de la part des investisseurs.
Secteur phare actuellement, l’intelligence artificielle va-t-elle transformer le marché tant en matière de cibles que d’exécution des opérations ?
L’IA bouleverse l’ensemble des secteurs. Si les grandes entreprises...