Apparues il y a dizaine d’années, les start-up spécialisées dans le domaine financier atteignent désormais une maturité qui favorise les rapprochements. La recherche de la rentabilité et la concurrence accrue plaident en effet pour l’atteinte d’une taille critique. Les opérations de M&A sont aussi portées par les éditeurs de logiciels à la recherche d’innovations pour compléter leur offre.
Rachat de la néobanque Shine, pour plus d’un milliard d’euros, par Cegid, acquisition du spécialiste des paiements Treezor par Shares… Les opérations de M&A se multiplient au sein de la fintech française. Ainsi, 42 opérations ont été recensées en 2025, réalisées par les fintechs elles-mêmes mais également par des acteurs plus traditionnels. Si, entre 2017 et 2020, le nombre d’opérations restait limité, de l’ordre de 6 à 8 par an, la dynamique s’est accélérée depuis 2021, avec une quarantaine d’opérations par an. Un record a même été établi en 2022 avec 59 opérations, porté par des taux d’intérêt bas, des liquidités abondantes et de fortes valorisations. Si le contexte économique a depuis évolué, la tendance à la consolidation se poursuit dans le secteur en raison notamment d’un appétit accru des start-up qui cherchent à mettre en œuvre une stratégie de build-up ou à étendre leurs parts de marché. Ainsi, depuis 2017, les fintechs représentent la majorité des acheteurs (43,2 %), devant les éditeurs de logiciels et services IT (19,5 %) et les banques et assurances (14,1 %), selon une étude de l’Observatoire de la Fintech et du cabinet Morgan Lewis.
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L’essor des opérations de M&A s’explique notamment par la maturité désormais atteinte par le secteur qui a fait preuve d’une bonne résilience ces dernières années. « 550 sociétés ont levé 12 milliards d’euros depuis 2010 en France, souligne Mikaël Ptachek, président de l’Observatoire de la Fintech. Parmi elles, uniquement une centaine...