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Comment le dossier Courtepaille a tourné au vinaigre

Publié le 2 octobre 2015 à 12h10    Mis à jour le 2 octobre 2015 à 18h06

Alexandre Rajbhandari

Pendant plusieurs mois, Fondations Capital, actionnaire de Courtepaille, et ICG, son créancier, se sont disputé le contrôle du capital de la société de restauration. Un conflit qui est loin d’être achevé puisqu’il est désormais entré sur le terrain judiciaire.

Parmi les dossiers de LBO surendettés, celui concernant la société Courtepaille devrait rester dans les annales. Depuis le mois d’avril dernier, le groupe de restauration (environ 225 millions d’euros de chiffre d’affaires) fait l’objet d’une bataille juridique acharnée entre d’un côté ses actionnaires initiaux, emmenés par Fondations Capital, et de l’autre le fonds britannique ICG, son créancier. Motif : ce dernier s’est emparé de près de 85 % des titres de la société à la suite du non-respect d’un ratio d’endettement (appelé «covenant»). Considérant cette prise de contrôle comme abusive, les actionnaires ont déposé pas moins de trois recours juridiques différents dans l’espoir d’annuler l’opération, auxquelles ils ont rajouté début juillet une plainte pour abus de confiance. Aussitôt, ICG a riposté par une plainte pour dénonciation calomnieuse.

Une dette remboursable in fine

En 2011, Courtepaille a fait l’objet, pour la troisième fois de son histoire, d’un rachat sous LBO. Le holding de reprise, GPA Courtepaille, détenue par Fondations Capital (53,07 % du capital), Crédit Mutuel-CIC (21,94 %), les managers de la société (15,12 %) et ICG (9,87 %) a racheté la société pour environ 245 millions d’euros, soit 8,7 fois son Ebitda, en contractant une dette auprès d’un seul créancier, en l’occurrence ICG. Ce type d’emprunt, dit «unitranche», présentait l’avantage d’offrir de la flexibilité financière à l’entreprise puisqu’il était entièrement remboursable in fine, en 2019.

A première vue, le montage financier...

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