Malgré leur persistance, les tensions au Moyen-Orient ne bouleversent pas la couverture de change des grands groupes. Qu’elles s’appuient sur un budget prévisionnel ou qu’elles optimisent l’exposition de leurs flux intragroupe, les entreprises maintiennent leurs stratégies. La volatilité de l’euro/dollar et les différentiels de taux sont exploités par les trésoriers pour rogner sur le coût des couvertures.
Au-delà d’avoir propulsé le cours de l’or noir à des niveaux records, la guerre en Iran a rebattu les cartes sur le marché des changes, modifiant les dynamiques en place, plus particulièrement la trajectoire du dollar. L’embrasement du Moyen-Orient a brutalement balayé les anticipations des investisseurs de ce début d’année 2026, qui tablaient sur une dépréciation prolongée du billet vert au-delà de 1,20 dollar pour 1 euro. Redevenu valeur refuge, le billet vert a ramené l’euro/dollar à 1,14 en mars, avant que la parité ne se stabilise autour de 1,17 en mai.
Une volatilité loin des pics
Dans cette période de tensions, la nervosité est bien palpable. « La volatilité “intraday” de l’euro/dollar est élevée, entre 8 et 12 %, un niveau traduisant un stress sur le “change spot” au cours d’une journée, relève Ghyslain Ladret, managing director, global head of corporate structuring chez Crédit Agricole CIB. La volatilité implicite à six mois reste, elle, relativement basse, à 6 % environ, contre des pics à 12 % observés durant le Covid : le marché ne semble malgré tout pas s’inquiéter outre mesure à moyen terme. » Dans le sillage des récents épisodes de forte volatilité – crise pandémique, guerre en Ukraine, tarifs douaniers –, les entreprises ont renforcé leur vigilance face à un risque de change accru. La situation géopolitique actuelle s’inscrit ainsi dans une forme de routine opérationnelle pour les multinationales. « Le risque de change est structurel dès lors qu’une entreprise a des activités d’export ou...