Confrontée à un endettement devenu trop élevé par rapport à sa rentabilité et risquant de faire l’objet d’une procédure de sauvegarde, Netceed a réussi à obtenir l’accord unanime de ses créanciers et de ses actionnaires pour restructurer cette dette, au prix toutefois d’une prise de contrôle de son capital par les prêteurs.
La procédure de sauvegarde aura finalement été évitée pour Netceed, spécialiste des infrastructures de télécommunication. En février dernier, l’ex-Euro Techno Com a réussi à restructurer sa dette d’environ 1,9 milliard d’euros, soit près de deux fois son chiffre d’affaires 2024. Pourtant, quand la société a été reprise en 2022 par le fonds britannique Cinven via un LBO secondaire, elle était en bonne santé, affichant un Ebitda de 300 millions d’euros pour un chiffre d’affaires similaire. Très implantée aux Etats-Unis, elle y enregistrait des revenus de 616 millions d’euros, soit la moitié de son chiffre d’affaires en 2023, grâce notamment à son plus gros client, là-bas et en France, le groupe Altice. L’apparition des difficultés chez ce dernier en 2023 a commencé à peser sur sa propre activité. Progressivement, le groupe de Patrick Drahi résilie plusieurs commandes, notamment aux Etats-Unis, jusqu’à ce que le dernier contrat américain signé entre les deux entreprises ne prenne fin en 2025. « L’activité a nettement ralenti et, si le groupe a bien essayé de se développer dans d’autres marchés comme l’Europe du Nord, cela n’a pour autant pas totalement compensé la baisse des revenus aux Etats-Unis », souligne Guilhem Bremond, associé chez Freshfields et conseil de l’entreprise. Face aux résiliations d’Altice et au non-règlement de factures, Netceed a décidé de déposer, en janvier dernier, une plainte contre Altice USA, pour rupture abusive de contrat.
Dans l’intervalle, la...