La BCE se dit rassurée quant aux perspectives de l’économie européenne et laisse entrevoir une stabilité des taux d’intérêt au cours des mois à venir. Mais la baisse de l’inflation, qui passerait franchement sous les 2 % début 2026, pourrait alors la faire changer d’avis, estiment certains économistes.
La Banque centrale européenne (BCE) n’a pas fait évoluer ses taux d’intérêt directeurs lors de la dernière réunion du Conseil des gouverneurs, le 30 octobre. La rémunération de la facilité de dépôt, le taux principal, reste fixée à 2 %, comme c’est le cas depuis six mois. Mais cette absence de décision de politique monétaire était attendue par tous les investisseurs comme par les économistes de marché. Avant même la réunion des gouverneurs, l’attention se portait donc sur la réunion de décembre et celles du premier trimestre 2026, avec une interrogation principale : une toute dernière baisse des taux, ramenant la rémunération de la facilité de dépôt à 1,75 %, est-elle possible ? Nul ne s’attendait à ce que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, réponde clairement à cette question à l’occasion de sa conférence de presse, puisque la BCE ne s’engage pas sur sa politique à venir, adoptant une approche « meeting by meeting ». Mais l’orientation de ses propos pouvait donner une indication, libre aux « BCE watchers » de les interpréter. L’état d’esprit des dirigeants de la banque centrale est apparu finalement assez clairement : ils se montrent confiants dans la croissance de la zone euro et dans le maintien de l’inflation proche de la cible de 2 %, à long terme, laissant entendre en conséquence que les taux pourraient rester à leur niveau actuel.
Une diminution des « risques baissiers »
S’agissant de la croissance, alors que de nombreuses interrogations subsistent sur la conjoncture dans la zone euro, « la BCE veut...