Les spécialistes du private equity sont de plus en plus nombreux à vouloir proposer leurs fonds à des investisseurs non professionnels. Ils doivent néanmoins adapter leur gestion aux attentes de ces épargnants et se montrer très vigilants quant à la qualité de leurs distributeurs.
La loi Pacte puis la loi Industrie verte ont ouvert le private equity aux supports d’assurance-vie, donnant un coup d’accélérateur à la démocratisation de cette classe d’actifs. Si de plus en plus de gérants se saisissent de cette nouvelle opportunité, il leur faut néanmoins faire preuve de rigueur et de vigilance afin d’appréhender un mode de commercialisation et de gestion assez différent de celui employé pour les institutionnels. Dans une note publiée récemment, Fitch Ratings mettait ainsi en garde : « Les courtiers de détail européens et les sociétés de gestion d’actifs traditionnelles sont exposés à des risques croissants en matière de réputation et de contentieux à mesure qu’ils développent leur offre d’actifs non cotés à destination d’une clientèle fortunée et d’investisseurs particuliers. »
Assurer la liquidité
Le premier point d’attention porte sans doute sur le risque de liquidité. Afin de répondre aux exigences des assureurs, et indirectement à celles des particuliers, les gérants de private equity structurent, le plus souvent, des fonds dits evergreen, ou « perpétuels », qui permettent aux investisseurs d’entrer et de sortir du fonds assez librement. Ces véhicules se distinguent ainsi des fonds dédiés aux institutionnels dont la durée de vie est limitée généralement à 12 ans, et dont les périodes de souscription et cession sont très encadrées dans le temps. « La gestion d’un fonds evergreen implique des particularités, note Emmanuelle Corcos, avocate associée au sein du cabinet...