Technologies (intelligence artificielle), géopolitique, climat : les entreprises doivent faire face à l'émergence de nouveaux risques, que les assureurs commencent à couvrir mais de manière parfois incomplète. Ainsi, les risques liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle, de plus en plus mis en avant par les dirigeants d’entreprises, doivent être appréhendés en amont, lors du choix des solutions.
Inédits, mal identifiés, difficiles à quantifier et porteurs d’effets systémiques incertains, les risques émergents se multiplient depuis la Covid. L’impression d’un monde « totalement imprévisible » domine : « Aucun des modèles classiques qu’ils soient économiques, politiques ou sociaux, ne fonctionne, plaide Olivier Arroua, associé-fondateur du cabinet de conseil Sellenis. Il faut raisonner par analogie pour évaluer le coût et permettre un transfert du risque à un tiers, assureur ou marché financier. »
Lors des 33es Rencontres du risk management, Sabine Wujame, head of strategic risks d’Axa, a ainsi décrit quatre sources d’identification des risques émergents pour son groupe : « La presse et la littérature scientifique, notre travail avec les chercheurs, notre enquête annuelle, le “Future risks report” pour lequel nous avons interrogé 26 000 personnes dont 6 000 experts. Mais la plus importante de nos sources vient du terrain : les clients, gestionnaires de sinistres, etc. ont leurs capteurs. » A défaut d’approche globale, les directions financières peuvent aussi s’appuyer sur les équipes internes et les conseils de l’entreprise.
Des risques croissants liés à l’intelligence artificielle
Connus, les risques liés à la technologie sont émergents car ils constituent un vecteur d’attaques d’origines variées, avec des impacts multiples. La cyberattaque contre La Poste fin 2025 et la Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030 l’illustrent. Selon le Cesin, 40 % des entreprises françaises ont subi au moins une cyberattaque significative...