La réforme sur la facturation électronique n’est pas uniquement un sujet fiscal et de conformité. Il s’agit également d’un projet structurant qui, pour être bénéfique à l’entreprise, doit être envisagé dans le cadre d’une démarche plus globale de transformation de la finance.
Les entreprises françaises sont-elles prêtes pour leur passage à la facturation électronique ?
Aujourd’hui, le cadre juridique de la réforme est stabilisé, les formats sont connus, les architectures cibles posées (PPF, PA…). En revanche, la maturité des entreprises sur le sujet reste très inégale, ce qui est d’ailleurs plutôt inquiétant…
En effet, la réforme est encore trop souvent perçue comme un sujet fiscal ou technique mais rarement comme un projet de transformation de la finance. Certes, les grands comptes et ETI sont, pour la plupart, déjà passés à la dématérialisation des processus et au transfert automatisé des données, et ont engagé leur projet de passage à la facturation électronique. Néanmoins, face à la complexité de leur système d’information et parfois de leurs processus de facturation, le fait de ne pas se poser la question de la transformation de la finance dans le cadre de cette démarche représente un risque. La réforme est structurante à ce titre et agit pour ces entreprises comme un stress test : elle permet de mettre en évidence des processus encore très manuels et peu standardisés, ainsi que des ruptures dans la chaîne de facturation.
Les TPE et PME sont pour leur part de plus en plus sensibilisées sur ce sujet. Pour autant, elles ne l’anticipent encore que trop peu et ne se fixent pas de dates limites pour lancer leur projet en la matière. D’autre part, elles sont encore nombreuses à ne pas se sentir concernées par le volet e-reporting de la réforme, voir à le méconnaître. Par ailleurs, dans ces entreprises, une confusion demeure souvent entre facture électronique et facture PDF envoyée par mail.