La réforme sur la facturation électronique n’est pas uniquement un sujet fiscal et de conformité. Il s’agit également d’un projet structurant qui, pour être bénéfique à l’entreprise, doit être envisagé dans le cadre d’une démarche plus globale de transformation de la finance.
Les entreprises françaises sont-elles prêtes pour leur passage à la facturation électronique ?
Aujourd’hui, le cadre juridique de la réforme est stabilisé, les formats sont connus, les architectures cibles posées (PPF, PA…). En revanche, la maturité des entreprises sur le sujet reste très inégale, ce qui est d’ailleurs plutôt inquiétant…
En effet, la réforme est encore trop souvent perçue comme un sujet fiscal ou technique mais rarement comme un projet de transformation de la finance. Certes, les grands comptes et ETI sont, pour la plupart, déjà passés à la dématérialisation des processus et au transfert automatisé des données, et ont engagé leur projet de passage à la facturation électronique. Néanmoins, face à la complexité de leur système d’information et parfois de leurs processus de facturation, le fait de ne pas se poser la question de la transformation de la finance dans le cadre de cette démarche représente un risque. La réforme est structurante à ce titre et agit pour ces entreprises comme un stress test : elle permet de mettre en évidence des processus encore très manuels et peu standardisés, ainsi que des ruptures dans la chaîne de facturation.
Les TPE et PME sont pour leur part de plus en plus sensibilisées sur ce sujet. Pour autant, elles ne l’anticipent encore que trop peu et ne se fixent pas de dates limites pour lancer leur projet en la matière. D’autre part, elles sont encore nombreuses à ne pas se sentir concernées par le volet e-reporting de la réforme, voir à le méconnaître. Par ailleurs, dans ces entreprises, une confusion demeure souvent entre facture électronique et facture PDF envoyée par mail.
Pourquoi devient-il urgent de se pencher sur cette réforme ?
Au-delà des échéances qui se rapprochent, plus de 4 millions d’entreprises sont en France concernées par la réforme sur la facturation électronique et devront se connecter à une plateforme agréée (PA) pour gérer leurs flux de facturation. A ce jour, plus de 140 PA coexistent, avec de fortes disparités fonctionnelles. Si leur nombre peut paraître abondant et créer de la confusion chez les DAF, il reste néanmoins limité face aux millions d’entreprises qui vont devoir passer à la facturation électronique entre le 1er septembre 2026 et le 1er septembre 2027. Pour éviter les goulets d’étranglement chez les prestataires, mais aussi pour éviter de faire un choix de PA par dépit, il devient urgent, pour les entreprises qui ne l’auraient pas encore fait, de se pencher sur leur projet de passage à la facturation électronique.
En quoi le choix de la PA est-il un sujet stratégique plutôt que technique ?
Le vrai sujet de la réforme sur la facturation électronique n’est pas la conformité, mais tout ce que l’entreprise décide de construire autour. Toutes les PA vont en effet assurer la conformité avec la réforme sur la facturation électronique mais peu vont couvrir tout le dispositif de traitement de la facture dans un flux standardisé (validation, intégration comptable, suivi des statuts, archivage à valeur probatoire, encaissement…). D’où l’intérêt pour les entreprises de choisir la PA de l’éditeur de son ERP et de ses outils satellites. Dès lors, l’entreprise est garantie d’avoir une conformité totale et non minimale avec la réforme et d’en tirer toute la quintessence. Cette réglementation est en effet une opportunité cachée d’améliorer la performance financière de l’entreprise. Elle va contribuer à réduire les erreurs, à améliorer la traçabilité des flux et à diminuer les temps de traitement de la facture. Les entreprises qui seront les plus avancées sur le sujet renforceront leurs relations clients et fournisseurs, ce qui se traduira in fine par une amélioration du BFR et une augmentation du cash.
Quelles sont les clés de réussite de ce projet de passage à la facturation électronique ?
La réforme sur la facturation électronique est un projet finance piloté par la donnée mais qui implique par ailleurs différents métiers. Le DAF est au centre de ce dispositif. Il est le chef d’orchestre et le responsable du projet, de la donnée qui sera transmise, de la cohérence des flux et du dialogue entre l’IT, les métiers et l’éditeur. A ce titre, il lui revient d’en assurer la gouvernance et de veiller à l’équilibre entre ces différentes parties prenantes afin que le projet soit mené avec une vision transverse.