La Banque centrale européenne, qui a laissé ses taux d’intérêt directeurs pour l’instant inchangés, s’apprête à les relever en juin, estiment les investisseurs et les économistes de marché, que Christine Lagarde ne cherche pas à démentir. Une hausse très « politique », destinée avant tout à montrer que la BCE ne tarde pas à réagir, comme cela avait été le cas en 2022.
La Banque centrale européenne a annoncé ce jeudi 30 avril le maintien de ses taux d’intérêt directeurs, inchangés depuis juin 2025 (le taux principal, la facilité de dépôt, restant fixé à 2 %). Cette annonce n’a pas surpris les marchés financiers, tant l’incertitude reste grande sur l’évolution du conflit au Moyen-Orient et donc le prix du pétrole, source d’inflation aujourd’hui. Pas plus que la Fed – qui, elle aussi, a maintenu ses taux inchangés le 29 avril –, la BCE n’a pas voulu prendre de risque en réagissant trop tôt. "Nous manquons vraiment d'informations, à ce jour, a souligné Christine Lagarde lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion des gouverneurs. L'incertitude est grande à ce stade, mais nous disposerons de suffisamment d'informations lors de notre prochaine réunion, le 11 juin. Les six semaines qui nous séparent de cette échéance nous permettront d'être dans le bon timing: quoi qu'il arrive au Moyen Orient, nous serons en mesure, alors de décider la politique monétaire en connaissance de cause".
Nombre d’économistes s’attendent à une réouverture du détroit d’Ormuz d’ici quelques semaines, mais ils avouent bien sûr n’avoir aucune certitude à ce sujet. D’autant moins que Donald Trump se livrait, au moment même où les gouverneurs de la BCE se réunissaient à Francfort, à des déclarations belliqueuses : il entend faire plier l’Iran au moyen d’un blocus naval qui priverait le pays de nombreuses ressources.
Même si les tankers pouvaient à nouveau naviguer...