Face à la flambée des prix de l’énergie, aux conséquences immédiates sur les prix à la consommation, la BCE temporise, pour l’instant. Mais elle n’exclut pas, plus tard, une hausse des taux, destinée à empêcher toute résurgence à moyen terme de l’inflation.
Ne pas se précipiter, mais se préparer… Si la BCE n’a pas, comme attendu, et de même que la Fed, fait évoluer sa politique monétaire lors du Conseil des gouverneurs le 19 mars, laissant ses taux d’intérêt directeurs inchangés (la rémunération de la facilité de dépôt reste à 2 %), elle n’a rien exclu pour les mois à venir, face au choc inflationniste issu de la guerre au Moyen-Orient. Une hausse des taux fait partie des réponses possibles au risque de résurgence de l’inflation, d’autant que la banque centrale a en tête le reproche qui lui avait été fait en 2022 de réagir tardivement au choc sur les prix lié à la guerre en Ukraine.
La guerre « a considérablement accentué l’incertitude entourant les perspectives, créant des risques à la hausse pour l’inflation et des risques à la baisse pour la croissance économique », affirme le communiqué de la BCE. A court terme, l’inflation pour la zone euro va être accrue sensiblement et rapidement sous l’effet de la hausse des cours pétroliers (après 1,9 % en février, elle pourrait atteindre 2,5 % en mars, et même 3,5 % en mai, selon les économistes de HSBC). « L’impact de la hausse du pétrole sur l’inflation est très rapide, compte tenu d’une répercussion immédiate sur les prix à la pompe », souligne Andrzej Szczepaniak, senior economist Europe chez Nomura.
Le prix du pétrole a d’abord augmenté, dès le 2 mars, en raison du blocage du détroit d’Ormuz – où transite un quart du transport maritime de produits pétroliers (brut et raffinés),...