Les prises de participation minoritaires dans les sociétés de gestion spécialisées dans le non coté gagnent du terrain en Europe. Portées par des besoins croissants de financement et des enjeux de transmission, elles dessinent une nouvelle stratégie au sein du capital-investissement tout en faisant émerger une autre typologie d’investisseurs.
En 2025, 165 sociétés de gestion du non coté à travers le monde ont fait l’objet d’une opération de M&A selon Campbell Lutyens, soit 40 % de plus que l’année précédente. Si certaines sont venues élargir le périmètre d’une autre firme financière, à l’image du spécialiste du secondaire Coller Capital repris par le Suédois EQT, la majorité d’entre elles (57 %) n’ont cédé qu’une part minoritaire de leur capital. Ces opérations dites de « GP stake », littéralement « prises de participation minoritaire dans une société de gestion », sont apparues aux Etats-Unis il y a une quinzaine d’années sous l’impulsion de quelques pionniers. Dyal Capital Partners (devenu Blue Owl) et Blackstone ont ainsi fait partie des premiers à structurer une stratégie dédiée à ce segment de marché, avec des investissements dans de grosses firmes du non-coté, comme Platinum Equity, Silver Lake ou encore HIG Capital. Les premiers s’offrent une part des revenus de la société de gestion et une potentielle plus-value à la sortie, tandis que les seconds trouvent une source de financement pour initier une transmission managériale, ou accompagner un plan de développement. « Tous les gérants sont, à un moment donné, confrontés à une problématique de transmission, observe Noam Ankri, avocat associé chez Ashurst. Or, si la reprise est menée par des managers de l’équipe, ces derniers ne disposent pas forcément de la surface financière nécessaire. » Une opération de GP stake permet alors aux fondateurs de sécuriser une partie de leur patrimoine, tout en dotant les successeurs d’un actionnaire capable d’apporter les ressources que l’équipe interne ne peut réunir seule.