Toutes les entreprises qui opèrent à l’international sont concernées par les risques de change. Différents processus peuvent être mis en place pour en limiter les impacts, notamment sur leur trésorerie.
En quoi le risque de change est-il un sujet de trésorerie ?
Le risque de change est trop souvent perçu comme un sujet pour les grands groupes ou les traders. Or, il s’agit d’abord d’un sujet de trésorerie et de marge. Une entreprise qui travaille dans une devise comme l’euro se met automatiquement en situation de risque dès qu’elle achète ou vend dans une autre devise. Entre le moment où elle signe un contrat et celui où l’argent entre ou sort, le taux de change peut en effet avoir bougé. Par exemple, si une entreprise française vend une prestation de 10 000 dollars à une entreprise américaine et que son délai de paiement est fixé à 60 jours, elle prend alors le risque que le taux du dollar ait diminué au moment du paiement et donc d’encaisser moins d’euros. Si elle achète en dollars, elle peut également voir le montant de sa facture augmenter. En définitive, c’est bien sa trésorerie qui est impactée.
Comment gérer le risque de change ?
Avant même de parler de solutions technologiques pour suivre ces risques et de couvertures pour s’en prémunir, il est indispensable que les entreprises concernées sachent quels sont les flux qui, au sein de leur organisation, sont concernés par ces risques de change. Elles ne pourront gérer correctement ces risques si ceux-ci ne sont pas identifiés préalablement. Ces derniers apparaissent principalement lorsqu’il y a un décalage dans le temps entre la commande et le paiement, et lorsque l’entreprise n’est pas payée dans sa devise principale. C’est ainsi le cas pour les entreprises qui vendent à l’export ou qui achètent à l’international. C’est également le cas pour les entreprises qui ont une filiale à l’étranger et qui, bien que performantes localement, le sont moins lorsqu’il faut convertir la devise du pays en euros. Cette démarche d’identification des flux est d’autant plus importante lorsque l’entreprise doit gérer plusieurs devises. Par exemple, elle peut vendre un produit en livres sterling au Royaume-Uni, acheter des matières premières en dollars aux Etats-Unis et payer ses salaires en euros en France. Elle est alors exposée à la hausse ou à la baisse de plusieurs devises, des variations qui peuvent se cumuler dans le bon ou le mauvais sens, ou qui peuvent être opposées et donc s’annuler.
A partir de quand faut-il agir sur le risque de change ?
Il faut commencer à agir sérieusement sur le risque de change lorsque les montants concernés deviennent significatifs. Cette démarche est également nécessaire dès lors que les flux sont réguliers ou qu’une variation de change peut impacter la marge de l’entreprise, créer une forte tension sur sa trésorerie et rendre la projection des résultats imprévisible. Il convient alors que l’entreprise s’interroge sur son seuil d’acceptabilité de ce risque, sur les flux d’achat ou de vente sur lesquels elle souhaite mettre en place une politique de change, ainsi que sur le niveau de couverture du risque auquel elle consent.
Quels processus et solutions mettre en place pour réduire ce risque ?
Pour réduire ce risque, l’entreprise doit avant tout le gérer en bonne intelligence, ce qui passe notamment par la réduction du nombre de devises dans lesquelles elle opère. D’ailleurs, idéalement, il est préférable de ne passer que par une seule devise. Il est également recommandé de faire correspondre les encaissements et les décaissements dans la même devise. D’autre part, il convient d’organiser autant que possible les flux par typologie et de faire respecter les délais pour éviter les risques. L’entreprise peut également recourir à des outils de couverture. Les contrats à terme permettent ainsi aux deux parties de fixer le taux de change et donc le prix qui sera appliqué à la date du paiement. Les options de change permettent, pour leur part, d’acheter ou de vendre une devise à un taux prédéfini. Cette flexibilité est précieuse, mais a un coût : la prime payée pour l’option. Les tunnels de taux, enfin, qui correspondent à l’achat d’un plafond et à la vente d’un plancher, permettent à un vendeur ou à un acheteur de se prémunir contre une hausse des taux au-delà du plafond fixé, mais l’empêchent de bénéficier d’une baisse en deçà du plancher établi.
Bien géré, le risque de change peut-il participer à la performance de l’entreprise ?
La gestion du risque de change est un sujet comptable et de trésorerie, mais aussi de direction. En effet, ce risque peut également affecter les marges de l’entreprise et donc les décisions prises au plus haut niveau. C’est la raison pour laquelle il est indispensable pour l’entreprise de bien comprendre dans quelle mesure elle est exposée à ce risque, de décider de son niveau d’acceptabilité en la matière, de recourir si besoin à des outils de couverture de ces risques et d’utiliser des solutions simples et adaptées comme celles proposées par Cegid pour suivre la synthèse des outils de couverture et piloter le dispositif dans la durée.