Premium

Julien Fabre, coresponsable de l’activité française de banque d’affaires, Deutsche Bank

« L’engouement suscité par les SPAC n’est pas près de retomber »

Publié le 19 février 2021 à 17h14

Propos recueillis par Thomas Feat

Quelques mois après l’introduction sur Euronext Paris de 2MX Organic, Jean-Pierre Mustier, ancien directeur général d’Unicredit, Tikehau Capital et la Financière Agache s’apprêtent à lancer, à leur tour, leur Special Purpose Acquisition Company (SPAC). En 2020, près de 250 de ces structures sans objet opérationnel et dédiées à l’acquisition d’entreprises de croissance se sont cotées aux Etats-Unis, contre 60 en 2019. Pourquoi une telle tendance ?

Ce succès s’explique par le fonctionnement des SPAC, extrêmement favorable, d’abord, aux investisseurs. Lorsque ceux-ci achètent des actions de l’entité introduite en Bourse, vendues généralement au prix unitaire de 10 euros, ils se voient attribuer, dans le même temps, des bons de souscription d’actions (BSA) qui leur permettent d’acquérir ultérieurement des titres à un prix prédéterminé, souvent 11,50 euros. Dès lors, plusieurs options s’offrent à eux. S’ils ne soutiennent pas l’acquisition initiale réalisée par le SPAC – désignée par le terme « initial business combination » (IBC) –, ils peuvent récupérer l’intégralité de leur capital investi et vendre leurs BSA, qui ont généralement pris de la valeur après cette première opération. S’ils décident de rester au capital de l’entreprise cotée, ils peuvent espérer réaliser une plus-value grâce à la progression du cours du titre et obtenir de nouvelles parts grâce à leurs BSA.

Le SPAC présente ensuite un certain nombre d’avantages pour les entreprises acquises. Ce dispositif leur permet...

Dans la même rubrique

Premium Management packages : la France, reine de la complexité fiscale

Conçu officiellement pour « clarifier » l’imposition des management packages, leur nouveau régime...

Premium Risque de change : les entreprises gardent la tête froide

Malgré leur persistance, les tensions au Moyen-Orient ne bouleversent pas la couverture de change...

Les apports-cessions et scissions-cessions : enjeux comptables, fiscaux et opérationnels

De nombreux motifs (recentrage sur un cœur de métier, opportunité de marché, exigences...

Voir plus

Chargement…