Dans un environnement international marqué par des tensions géopolitiques croissantes et une complexité réglementaire renforcée, les entreprises françaises poursuivent leur expansion au-delà des frontières avec détermination, mais sélectivité. Le paysage des fusions-acquisitions internationales présente en effet de nombreux challenges. Si les opportunités d'expansion restent nombreuses et nécessaires au renforcement du leadership des sociétés françaises, leur concrétisation requiert une préparation de plus en plus minutieuse et précise, et une exécution professionnelle et agile. La récente étude, menée avec l’Arfa et Option Finance, auprès de 100 directeurs financiers et responsables M&A permet de mieux comprendre et appréhender les facteurs clés de succès de ces opérations stratégiques.
Un marché qui reste actif, avec l’Europe comme première zone d’intérêt
La quasi-totalité des entreprises françaises interrogées étudient des opérations de M&A transfrontalières, des acquisitions, le plus souvent majoritaires, pour pénétrer de nouveaux marchés géographiques, ou des cessions dans le cadre de recentrage de leur portefeuille d’activité ; l’Europe est citée à près de 90% par les répondants.
La géopolitique et la réglementation sont anticipées très en amont
L’Europe est pourtant également citée comme une des zones au sein de laquelle les contraintes réglementaires sont les plus fortes ; les entreprises choisissent clairement de s’adapter à cette situation et ne renoncent pas pour autant à leurs projets. Au total, 29% des entreprises se sont heurtées à des refus ou restrictions imposés par des autorités étrangères (IDE ou anti-trust). Les délais s'allongent avec près d’un tiers de opérations qui requièrent plus d’un an pour réaliser le closing, mais les opérations restent réussies.
En revanche, les tensions géopolitiques sont plus susceptibles de faire évoluer la stratégie M&A des entreprises, avec plus de 60% des décideurs qui ont adapté ou réfléchissent à adapter leurs projets. Le frein principal à une opération de M&A transfrontalière est lié aux règles comptables et financières de remontée de cash selon l’enquête menée.
Dans ce contexte, l’anticipation et la précision de l’analyse en amont sont devenues indispensables.
Une professionnalisation croissante des équipes est indispensable
La majorité des répondants ne dispose pas d’un dispositif de M&A international dédié, avec une équipe plutôt centralisée dans 74% des cas, et adresse les spécificités locales liées à leurs projets via le recours à des conseils externes. Ainsi 76% des entreprises interrogées s’entourent de conseils juridiques, financiers et/ou stratégiques pour mener à bien leurs opérations de M&A cross-border.
A noter que la préparation, citée comme premier facteur clé de succès d’une opération, doit aller jusqu’à l’anticipation de l’intégration ; les risques d’intégration post-deal restent en effet selon les répondants le principal frein au succès d’une opération de M&A transfrontalière.
L’anticipation et l’expertise permettent l’agilité nécessaire au succès des opérations
Cette étude démontre que les entreprises françaises adoptent une approche de plus en plus sophistiquée face aux opérations de M&A transfrontalières, avec une conscience accrue des contraintes géopolitiques et réglementaires. Les répondants ne renoncent pas à leurs ambitions globales - comme en témoigne la répartition moyenne de plus de 40% de leur chiffre d'affaires à l'international - mais doivent s’adapter. La professionnalisation des processus et le recours à l'expertise de conseils externes apparaissent comme des leviers essentiels pour naviguer dans cet environnement complexe.
Les entreprises qui continuent de développer leur leadership sont celles qui réussissent à conjuguer vision stratégique claire et flexibilité tactique, expertise technique pointue et adaptation culturelle, ambition internationale et concentration et précision dans l'exécution. Avec l’anticipation comme avantage compétitif décisif.