Ruptures logistiques, choc énergétique et hausse des taux : l’incertitude géopolitique pèse sur les marges des entreprises. Si les trésoreries tiennent le coup, elles se mobilisent sur le front de la couverture des risques.
Déclenché fin février, le conflit en Iran – mené par Israël et les Etats-Unis – embrase le Moyen-Orient et déstabilise les entreprises exposées à la région. Alors que Donald Trump évoque un retrait des forces américaines sous « deux à trois semaines », les trésoriers de multinationales retrouvent leur rôle de vigie face à une incertitude persistante. Pour ces experts des risques transversaux, la continuité de l’exploitation constitue un axe de surveillance prioritaire.
Des perturbations logistiques et bancaires
Pour les sociétés opérant dans les zones de conflit, les affrontements désorganisent en effet les infrastructures de transport. Produisant et distribuant ses produits sur plusieurs marchés, le groupe Bel a ainsi été amené à adapter ses schémas logistiques afin de contourner certaines zones à risque, entraînant un allongement des délais de livraison. « Malgré un acheminement de nos produits entravé par la fermeture des aéroports et des routes, notre activité est maintenue. Pour l‘instant, nos clients continuent d’honorer leurs factures sous les 90 jours », rapporte de son côté la trésorière d’une société du SBF120 présente dans tout le Moyen-Orient.
Une recrudescence des retards de règlements et des impayés dans ces pays serait malvenue pour les entreprises françaises, déjà confrontées à des délais de paiements croissants depuis un an. De plus, le conflit a entraîné une envolée des primes d’assurance et des annulations de couverture dans les secteurs maritime et aéronautique. Dans ce contexte, la vigilance reste...