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Publications trimestrielles : stop ou encore ?

Publié le 24 mai 2019 à 16h46

Arnaud Lefebvre

Déjà optionnelle en Europe pour les groupes cotés, la publication trimestrielle des résultats fait actuellement l’objet d’une remise en cause aux Etats-Unis. Pour ses détracteurs, ce rythme de communication financière contribue en effet à exacerber la volatilité sur les cours de Bourse des émetteurs en incitant les investisseurs à privilégier une approche court-termiste. Mais tous les responsables financiers d’entreprises ne sont pas de cet avis.

En février dernier, l’Autriche remettait le sujet des publications trimestrielles sur le devant de la scène. S’appuyant sur une disposition adoptée par l’Union européenne en 2015, mais dont peu de places boursières et peu d’émetteurs se sont saisis jusqu’à présent hormis outre-Manche (voir encadré), le président de la Bourse de Vienne a annoncé la suppression, pour les sociétés cotées sur celle-ci, de l’obligation de publier leurs résultats trimestriels. Visant avant tout à rappeler aux entreprises qu’elles bénéficient d’une telle souplesse en Europe, cette décision n’en reste pas moins importante, car elle s’inscrit dans un mouvement plus général de remise en cause de ce rythme de publication. En effet, les Etats-Unis ont récemment ouvert une brèche supplémentaire. Il y a presque un an jour pour jour, l’investisseur Warren Buffet et le président-directeur général de JPMorgan, Jamie Dimon, appelaient dans une tribune parue dans le Wall Street Journal à abandonner ce rythme de communication. Deux mois et demi plus tard, Donald Trump rebondissait en suggérant, dans un tweet, d’adopter une fréquence semestrielle. Il n’en fallait pas plus pour amener la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américaine, à lancer une consultation sur cette thématique, qui vient à peine de se clore.

De violentes corrections

Que ce soit en Europe ou outre-Atlantique, cette réflexion découle du même constat : publier des performances financières tous les trois mois inciterait les investisseurs à adopter une vision court-termiste, soulevant ainsi deux problèmes majeurs.

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