Au-delà du capital ou de la dette, il existe une troisième voie de financement pour les biotechs, le royalty financing. Ce mode de financement prisé de la biopharmacie devrait se développer. La demande est forte, les investisseurs sont offensifs et les avocats ont trouvé un cadre en conformité.
Dans le secteur de la biotech, où il n’est possible d’envisager un retour sur investissement qu’à sept ou dix ans, ce n’est pas donné à tout le monde d’assurer son avenir. Alors que l’environnement financier peut compliquer les levées de fonds, en complément ou comme alternative, le royalty financing a dès lors tout pour séduire. Bien connu du secteur « life sciences » américain, le « financement par redevances » a représenté près de 5 milliards de dollars outre-Atlantique en 2025, avec des opérations de plusieurs millions chacune (jusqu’à 2 milliards en juin). La biotech Abivax, qui a levé 750 millions de dollars en juillet, y a déjà fait appel, et elle l’envisage à nouveau.
De quoi s’agit-il ? « Un investisseur spécialisé avance du cash en échange d’un droit contractuel sur des royalties à venir. A partir du moment où il existe une licence et des redevances futures, l’opération peut être envisagée. Pour l’entreprise, il faudra respecter un certain nombre d'engagements vis à vis de son contrat de licence », explique Marie Fillon, avocate associée en propriété intellectuelle (licensing) de Goodwin en France.
Le royalty financing ne semble avoir que des avantages : l’entreprise ne fait pas appel aux marchés réglementés, dispose d’une trésorerie immédiate, et peut contingenter ses activités, ajuster ses remboursements sur les revenus réels de l’actif désigné par contrat et éviter la dilution de ses actionnaires. En outre, les entreprises non encore rentables peuvent y prétendre,...