A l’heure où la question du réengagement économique en Afrique est de nouveau posée, la réussite des investissements dépend non plus seulement de l’appétit des entreprises, mais aussi de leur capacité à maîtriser des environnements juridiques et institutionnels complexes.
Le 8 janvier 2026, lors de son intervention devant les ambassadrices et ambassadeurs, le président de la République a appelé à une remobilisation des entreprises françaises sur le continent africain, déplorant le désengagement progressif de nombreux groupes et plaidant pour un retour sélectif, porté par des acteurs réellement engagés et responsables1. Ce rappel met en lumière une réalité bien connue des praticiens : le retrait progressif des acteurs français a laissé un vide, largement comblé par des investisseurs mieux préparés aux réalités juridiques, institutionnelles et opérationnelles locales.
Le sujet n’est donc pas tant l’opportunité d’investir que la question de savoir comment structurer des opérations durables, sécurisées et conformes, dans des environnements où l’Etat demeure un acteur omniprésent – à la fois partenaire, régulateur et parfois arbitre de fait des projets.
L’Etat : partenaire incontournable et facteur de risque structurant
Dans de nombreuses juridictions africaines, l’Etat conserve un rôle structurant dans les secteurs stratégiques – énergie, mines, infrastructures, ports ou activités réglementées et financières. Cette intervention ne se limite pas à l’édiction de normes générales : elle se manifeste, en pratique, par l’exercice de prérogatives déterminantes tout au long du cycle de l’investissement. Celles-ci incluent, notamment, des pouvoirs d’autorisation et de supervision, de contrôle des investissements étrangers, d’encadrement économique et contractuel, d’avantages économiques et fiscaux, de régulation des flux et de change, ainsi que des prérogatives foncières et domaniales.