Communauté financière

Interview - Muriel de Szilbereky, déléguée générale de l’Association nationale des sociétés par actions (ANSA)

«L’actionnariat salarié est une des réussites françaises qu’il faut encourager pour le bon fonctionnement de nos entreprises.»

Option Finance - 11 décembre 2017 - Propos recueillis par Thomas Feat

Salariés-actionnaires

Muriel de Szilbereky, déléguée générale de l’Association nationale des sociétés par actions (ANSA)
Association nationale des sociétés par actions (ANSA)

Pourquoi avez-vous décidé de prendre la tête de l’ANSA, dont vous serez la nouvelle déléguée générale le 18 décembre prochain ?

J’ai découvert plus particulièrement l’ANSA il y a deux ans, lors du colloque qu’elle a organisé en juin 2016 sur la relance de l’actionnariat en France. Ses objectifs de sensibilisation des pouvoirs publics en matière d’actionnariat, de financement de l’économie et de simplification me paraissaient vraiment intéressants.

L’association livre à ses adhérents des analyses juridiques, et des interprétations en matière de droit des sociétés, droit boursier et droit des titres. Cela permet au lobbying de l’ANSA de s’appuyer sur une base technique très solide, reconnue par les autorités publiques.

Par ailleurs, j’ai toujours été attirée par le secteur privé. Lors de mon passage au cabinet de Gérard Longuet, ministre des Postes et des Télécommunications, en 1988, j’ai pu travailler, par exemple, sur l’ouverture à la concurrence des services téléphoniques. J’ai découvert un secteur prodigieusement porteur et innovant pour lequel l’ouverture à la concurrence s’est avérée déterminante. J’ai travaillé pendant presque quinze ans dans l’administration, mais j’ai toujours été très admirative des personnes qui entreprenaient. Je considère qu’il faut les encourager, les aider à se développer.


Quels sont les sujets majeurs de l’ANSA ?


Une flat tax sur les revenus mobiliers à un taux comparable à celui de nos voisins européens est un principe que défend l’ANSA, mais elle plaide pour qu’elle tienne compte de la détention durable des actions pour l’imposition des plus-values. Il faut de façon générale promouvoir l’allégement et la simplification en matière de taxation des revenus du capital productif.

L’extension de l’actionnariat salarié, qui dépend largement du niveau de taxation des actions gratuites et de l’épargne salariale, est un sujet très important pour nous. L’actionnariat salarié est une grande réussite de la France et une composante indispensable pour renforcer l’attachement des salariés à l’entreprise. D’ailleurs, lors de l’examen du projet de loi de finances, de nouvelles modifications sont apparues concernant les seuils et les taux de taxation.

Des mesures techniques nous paraîtraient intéressantes, comme la modification des règles de calcul du plafond de 10 % du capital pour l’attribution gratuite d’actions en excluant les actions qui n’ont pas été attribuées ou celles pour lesquelles les délais de conservation ont été respectés.


Quels sont les futurs chantiers sur lesquels vous allez travailler dès votre arrivée ?


Mon action va s’inscrire dans la continuité du travail effectué par mon prédécesseur, Christian Schricke. Je vais poursuivre son action sur la fiscalité des actions et des revenus du capital.

Par ailleurs, l’ANSA propose la mise en place de certains outils, tels qu’un plan intergénérationnel de transmission d’actions exonérant de droits les donations et héritages d’actions en contrepartie d’un engagement individuel de conservation pendant dix ans. Enfin, nous avons recommandé l’ouverture du PEA aux jeunes non encore assujettis à l’impôt sur le revenu.

Nous avons déjà présenté ces projets aux pouvoirs publics, notamment à l’occasion de la consultation en cours sur la future loi sur la transformation et la croissance des entreprises annoncée par Bruno Le Maire, mais nous continuerons à faire entendre nos propositions en janvier, lors de la seconde phase de cette consultation, sur l’avant-projet de loi.

Enfin, nous poursuivrons nos actions sur le plan européen afin que les droits des actionnaires et la transparence des marchés soient renforcés.

À lire aussi

Interview - Sarah N’Sondé, responsable de l’analyse sectorielle, Coface

«La décélération de l’activité concerne tant les Etats-Unis que l’Asie et l’Europe»

Interview – Gaétan Rougevin-Baville, chief operating officer, Meero

«Une entreprise de la French Tech peut aujourd’hui rayonner internationalement depuis Paris.»