Gestion financière

Banques

Menace sur les dépôts ?

Option Finance - 7 octobre 2019 - Arnaud Lefebvre

BCE, Placements de trésorerie

Après plusieurs établissements bancaires suisses, allemands, belges ou encore nordiques, la banque privée Lombard Odier vient d’indiquer qu’elle appliquerait en France un taux négatif aux dépôts de certains de ses clients particuliers afin de compenser les effets défavorables de la politique monétaire européenne. Même si d’autres structures envisagent de faire de même, la perspective de voir cette pratique s’étendre à l’ensemble de la clientèle, y compris celle de la banque de détail, reste à priori limitée.

Lombard Odier vient de lever un tabou. Le mois dernier, la banque privée suisse a indiqué qu’elle taxerait à compter de ce mois-ci les dépôts de certains de ses clients particuliers en France au-delà du seuil de 1 million d’euros. Si de nombreux établissements hexagonaux s’interrogent depuis plusieurs mois sur l’opportunité de faire de même en ce qui concerne cette catégorie de la clientèle – les institutions financières et les entreprises sont déjà pour certaines pénalisées (voir encadré) –, aucun n’avait jusqu’alors sauté le pas… Ce à la différence d’une centaine de banques privées ou de banques de détail en Europe, principalement en Suisse (UBS, Credit suisse…), en Allemagne (Raiffeisenbank…), au Danemark (Jyske Bank, Sydbank…) et en Belgique. Dans ces pays, il arrive même parfois que les dépôts à vue des personnes physiques soient pénalisés dès 100 000 euros «seulement».

Une facture de plusieurs milliards d’euros

A chaque fois, de telles décisions ont été justifiées par la politique de taux négatifs de la Banque centrale européenne (BCE). En 2014, le taux de la facilité de dépôt de l’institution a pour la première fois de son histoire basculé sous la barre de 0 %. Il est ainsi passé successivement de - 0,10 % à - 0,20 % entre juin et septembre 2014, - 0,30 % en décembre 2015, - 0,40 % en mars 2016 puis - 0,50 % le mois dernier. «Or les banques déposent leurs liquidités auprès de la BCE et sont rémunérées au taux de facilités de dépôt, négatif depuis 2014, explique Catherine Lubochinsky, économiste et professeur à...

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