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Relance du crédit

La politique de la BCE suscite des doutes

Publié le 12 septembre 2014 à 14h15    Mis à jour le 12 septembre 2014 à 17h44

Arnaud Lefebvre

Alors que la Banque centrale européenne va procéder, jeudi prochain, à des injections de liquidité à destination des banques, elle a également annoncé le lancement d’un programme de rachats d’actifs auprès de ces dernières. Ces deux mesures non conventionnelles sont destinées à relancer la distribution de crédit. Les économistes doutent toutefois de leur efficacité en la matière.

C’est un pas supplémentaire vers une politique monétaire toujours plus accommodante que la Banque centrale européenne (BCE) franchira le mois prochain. Le 4 septembre dernier, l’institution de Francfort a en effet annoncé le lancement d’un programme de rachat d’obligations sécurisées et de titres adossés à des actifs. Une mesure qui vise à libérer de la place dans le bilan des établissements bancaires, afin que ceux-ci intensifient la distribution de crédits à destination notamment des sociétés non financières. Même si l’initiative n’a pas fait l’unanimité chez tous les gouverneurs de banques centrales – certains, notamment celui de la Bundesbank, s’y sont opposés –, cela n’a pas empêché la BCE de prendre ce nouveau tournant. «La BCE avait déjà racheté des titres – obligations d’Etat périphériques – au plus fort de la crise souveraine, mais le contexte actuel est radicalement différent, témoigne Jacques Cailloux, chef économiste Europe de Nomura. A l’époque, ces rachats avaient pour but d’éliminer un risque systémique. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.»

Un impact sur les bilans bancaires jugé limité

Les modalités précises de ce dispositif ne seront connues que le 2 octobre. Mais l’initiative a d’ores et déjà été saluée par les économistes. Cette satisfaction s’est notamment traduite par une remontée des indices actions ainsi que par une détente des taux souverains. Un accueil que les économistes jugent toutefois disproportionné par rapport à l’efficacité attendue des rachats d’actifs en ce qui concerne l’octroi de crédits. «Il est probable que celle-ci se révèle limitée, du moins à court/moyen terme», prévient Anton Brender, chef économiste chez Candriam.

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