Après les très fortes corrections enregistrées sur les marchés financiers au cœur de la crise sanitaire, les compagnies d’assurances et les mutuelles comme Agrica ont souhaité revenir vers les actifs à risque. Certaines ont privilégié les actions, d’autres le crédit. Les sociétés de gestion spécialisées dans la gestion assurantielle, à l’image d’Ostrum, ont été très actives afin que leurs clients puissent bénéficier des opportunités de marché. D’un point de vue structurel, la crise sanitaire devrait renforcer les tendances en cours, notamment la diversification vers les actifs réels (à l’exception peut-être de la dette privée), et l’émergence de techniques de gestion plus complexes (gestions thématiques etc.). Enfin, la réglementation agit toujours comme une forte contrainte dans la prise de risque. Toutefois, les groupes qui disposent d’une gouvernance efficace parviennent à dépasser cette contrainte et semblent mieux armés face à la crise.
Quelles sont les grandes lignes de l’allocation stratégique des compagnies d’assurances et de quelles marges de manœuvre disposent-elles ?
Pierre Richert : Nous possédons une spécificité en tant que compagnie d’assurances : notre passif est principalement long car composé en grande partie d’engagements de retraite. Par ailleurs, nous...