Dans un contexte marqué par la crise sanitaire, les investisseurs institutionnels ont mené ces derniers mois une gestion prudente qui s’est traduite par une attention plus grande accordée à la liquidité de leurs investissements. En parallèle, le mouvement en faveur de la diversification des portefeuilles, enclenché il y a plusieurs années déjà, s’est poursuivi. Parmi les actifs favorisés par cette deuxième tendance figurent notamment les actifs alternatifs comme le financement des infrastructures, la dette privée ou encore le capital-investissement, même si les intervenants du Grand Débat d’Option Finance ont parfois noté un moindre appétit pour cette dernière classe d’actifs. Autre changement dans les allocations d’actifs : le positionnement des institutionnels sur la courbe des taux a évolué, ces derniers privilégiant les maturités les plus courtes, mais aussi les plus longues au détriment des segments intermédiaires. Ils apprécient aussi davantage les obligations émises par des corporates que les financières. Autre évolution majeure dans les portefeuilles : la décarbonation est en marche et concerne tous les acteurs institutionnels. Enfin, notons que la délégation des portefeuilles institutionnels a de beaux jours devant elle en raison de l’accroissement des investissements dans des actifs de niche. Il n’en demeure pas moins que les investisseurs institutionnels deviennent plus exigeants vis-à-vis de leurs prestataires, notamment en matière de reportings et plus généralement de gestion des données.
- L’allocation stratégique des investisseurs institutionnels a-t-elle évolué depuis le début de la crise sanitaire ?
- Quels changements ont été constatés dans la poche obligataire ?
- Quelles conséquences tirez-vous des débats autour de l’inflation ?
- Qu’en est-il plus spécifiquement du HY ou de la dette privée ? Les taux de défaut ne vont-ils pas augmenter significativement ?
- La prise en compte systématique de l’ESG conduit-elle à des réallocations ?
- La tendance est-elle à l’accroissement de la délégation ? Si oui, pour quelles raisons ?
- Les améliorations réclamées portent-elles surtout sur les aspects reportings et sur les aspects opérationnels ?
- L’engagement est-il déterminant pour faire progresser les entreprises ?
L’allocation stratégique des investisseurs institutionnels a-t-elle évolué depuis le début de la crise sanitaire ?
Sylvie Malécot, directeur de l’AF2i : Les éléments d’information de l’AF2I se fondent sur l’enquête annuelle réalisée auprès des membres, ce qui nous permet de constater les évolutions à court terme...