L’empreinte écologique des data centers indispensables à l’intelligence artificielle suscite des inquiétudes. Mais les professionnels de l’investissement responsable reconnaissent aussi le rôle catalyseur joué par l’IA dans la transformation durable de l’économie. Ils cherchent comment accompagner au mieux cette révolution technologique tout en restant vigilants sur ses multiples risques.
Réconcilier la recherche de rendement sur les marchés financiers et la prise en compte des enjeux de durabilité n’est jamais un exercice facile. Lorsqu’on l’applique au secteur de l’intelligence artificielle, il devient particulièrement délicat. Les investisseurs responsables se retrouvent confrontés aux ambivalences de la technologie, celle-ci se révélant tout autant source de risques que d’opportunités sur le plan ESG. Si les enjeux sociétaux sont colossaux, la dimension environnementale illustre à elle seule ce concentré de paradoxes au centre desquels se trouve l’IA.
Une empreinte environnementale croissante
Regarder le verre à moitié vide, c’est tout d’abord s’intéresser au coût environnemental de l’IA et, en particulier, des centres de données gigantesques (hyperscalers) qui permettent de l’entraîner puis de l’utiliser. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a donné, dans une étude d’avril 2025, quelques ordres de grandeur éloquents : avec l’essor de l’IA, la consommation d’électricité des data centers dans le monde pourrait doubler d’ici 2030 pour atteindre 945 térawattheures (TWh), soit l’équivalent de la consommation du Japon. A cette échéance, les Etats-Unis pourraient consommer plus d’électricité pour leurs centres de données que pour leur production d’aluminium, d’acier, de ciment et de produits chimiques réunis. Une croissance que le think tank The Shift Project, dans une étude publiée en octobre, juge incompatible avec l’atteinte de la neutralité carbone. « L’empreinte carbone de l’IA dépend...