Après un timide rebond fin 2024 et début 2025, le marché immobilier européen peine à enclencher une reprise durable. Hausse des taux longs, incertitudes politiques, concurrence accrue avec d’autres classes d’actifs et transformations structurelles continuent de peser sur les volumes et la liquidité. Dans ce contexte, les investisseurs institutionnels privilégient une approche plus sélective, misant sur la qualité des actifs et la diversification sectorielle.
L’année 2026 marquera-t-elle la fin de la crise du secteur immobilier européen ? D’après les experts, rien n’est moins sûr. Après un début de reprise perceptible fin 2024 et au tout début de 2025 en lien avec la baisse des taux d’intérêt initiée par la Banque centrale européenne (BCE), la dynamique du marché immobilier s’est ensuite de nouveau grippée. « La fin de l’année 2024 et le début de 2025 pouvaient laisser penser que le point bas était atteint, avec un début de réalignement entre acheteurs et vendeurs. Mais cette dynamique s’est interrompue à l’été », observe Sébastien Pezet, responsable de l’Europe de l’Ouest chez Generali Real Estate. Le contexte macroéconomique et politique est venu perturber ce fragile redémarrage. « Le nouveau gouvernement allemand a annoncé un plan de relance qui, dans son sillage, a provoqué une remontée des taux d’intérêt à long terme. Or ceux-ci constituent un élément clé dans le taux d’actualisation des cash-flows et du prix de l’immobilier, rappelle Béatrice Guedj, directrice de la recherche immobilière et de l’innovation chez Swiss Life Asset Management France. De plus, à partir du mois d’avril, les hausses de droit de douane annoncées par l’administration américaine ont pesé sur les perspectives de croissance, et donc sur le potentiel risque de crédit côté locatif. »
Au final, les volumes d’investissement en Europe pourraient être seulement légèrement supérieurs à ceux enregistrés en 2024 sans pour autant marquer une véritable reprise,...