Dans un environnement marqué par de multiples incertitudes et de brusques changements de régime, la diversification des portefeuilles au moyen des seuls actifs traditionnels, actions et obligations, ne suffit plus. Quels types de stratégies alternatives les investisseurs peuvent-ils mettre en œuvre dans le cadre de leur allocation ? Eléments de réponse avec Steeve Brument, global head of alternative investments chez Candriam.
L’environnement de marché est-il favorable pour la gestion alternative ?
Le contexte actuel demeure marqué par de nombreuses incertitudes : sur l’issue des conflits géopolitiques, sur la trajectoire de l’inflation à la suite du choc pétrolier, ou encore sur les conséquences de la révolution technologique portée par l’intelligence artificielle. Les marchés sont également confrontés à d’importants retournements de tendance. A titre d’exemple, les banques centrales, la BCE en tête, devraient relever leurs taux à court terme, alors que le consensus anticipait initialement plusieurs baisses successives. Par ailleurs, la pentification de la courbe des taux attendue en début d’année ne s’est finalement pas matérialisée ; on observe au contraire une remontée des taux courts, tandis que les taux longs tendent à se détendre.
Dans ce contexte, la dispersion accrue des marchés constitue une source d’opportunités d’investissement pour les gérants alternatifs.
Globalement, les stratégies alternatives ont affiché des performances positives au premier trimestre, malgré un retournement en mars lié au déclenchement du conflit en Iran, qui a affecté l’ensemble des classes d’actifs. Le mois d’avril a ensuite renoué avec une dynamique plus favorable1.
Cela se traduit-il par des flux d’investissements plus conséquents ?
La période 2009-2019 a été très favorable pour les actifs traditionnels – actions et obligations – portés par les politiques monétaires accommodantes des banques centrales2. En valeur relative, la gestion alternative apparaissait alors moins attractive.
Depuis, le monde a profondément changé. Les conflits se multiplient, l’alliance transatlantique se fragilise, la mondialisation est remise en question et l’essor de l’intelligence artificielle bouleverse...