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Bryan Petermann, gestionnaire de portefeuille, Muzinich

La duration s’impose comme critère de gestion sur le high yield

Publié le 9 avril 2021 à 10h09    Mis à jour le 9 avril 2021 à 15h35

Parole d'expert

Sur l’obligataire, le segment du high yield américain représente, pour Bryan Petermann, gestionnaire de portefeuille chez Muzinich, le meilleur moyen de profiter de la reprise économique tout en se protégeant d’une remontée des taux. A condition d’y faire les réallocations nécessaires par rapport à l’année dernière.

Qu’est-ce qui justifie l’intérêt que semblent actuellement porter les investisseurs au marché du high yield américain ?

L’environnement actuel est favorable aux actifs risqués donc au high yield. Quant aux Etats-Unis, ils avancent vers la reprise économique de manière agressive, grâce aux actions de la Fed et à la campagne de vaccination. A ce contexte macro-économique se conjugue un niveau de taux encore très bas, notamment, sur les obligations du Trésor à 10 ans. Dans l’hypothèse d’une croissance comprise entre 4% et 6% en 2021, nous estimons que les taux d’intérêt commenceront à monter. Alors, les spreads sur le high yield américain constitueront un moyen de profiter de l’amélioration économique tout en limitant l’impact de la hausse des taux grâce à une duration relativement courte, à 3,6 ans actuellement. 


Cela signifie-t-il qu’il faut désormais se concentrer uniquement sur des durations courtes ?

Historiquement, la duration n’est pas le critère de gestion principal sur le segment high yield. Avec des spreads traditionnellement élevés, le marché peut facilement absorber les évolutions de taux, contrairement au segment investment grade sur lequel les spreads sont plus resserrés. Toutefois, les niveaux des taux, notamment sur les Bons du Trésor à 10 ans, obligent désormais à une gestion de la duration sur l’ensemble de la classe obligataire. Dans notre gestion high yield, nous tenons donc actuellement autant compte du critère « taux » que du critère « qualité du crédit », car nous cherchons des sociétés qui vont profiter de la reprise. Ce double prisme représente une situation relativement unique en matière de gestion high yield. 


Le high yield compte beaucoup de « fallen angels », ou anges déchus, ces entreprises qui ont été dégradées. Contribuent-ils à l’attractivité de ce marché ?  

Les fallen angels ont toujours fait partie des...

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