Une vingtaine d’investisseurs fédérés par l’ONG Follow This ont décidé de déposer une résolution d’actionnaires aux AG de Shell et de BP. Ils mettent cette fois-ci l’accent sur les risques financiers que la transition fait peser sur le modèle d’affaires des majors.
Les vents de face dont pâtit la finance climat depuis deux ans avaient eu raison des velléités des investisseurs responsables de déposer des résolutions d’actionnaires aux assemblées générales (AG) des entreprises du secteur pétro-gazier en 2025. Même l’ONG spécialisée Follow This avait levé le crayon pendant un an (lire encadré). Nouvelle année, nouvelles ambitions : elle vient d’annoncer le dépôt de deux résolutions, l’une à l’AG de Shell, l’autre à celle de BP. TotalEnergies n’est – pour l’instant – pas ciblée, pas plus que les acteurs américains, désormais protégés par la Sec de toute résolution ESG. L’ONG est soutenue dans sa démarche auprès de Shell et BP par 23 investisseurs pesant environ 1 500 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Parmi eux, les sociétés de gestion françaises Edmond de Rothschild AM (Edram), Groupama AM, La Financière de l’Echiquier, Ofi Invest AM et Ostrum AM.
Face au nouvel environnement géopolitique et réglementaire, notamment aux Etats-Unis, ces investisseurs responsables ont toutefois significativement amendé leur approche, pour la rendre plus pragmatique. « Nous avions plusieurs fois demandé aux entreprises pétrolières qu’elles se fixent des objectifs de réduction des émissions de carbone, mais nous n’avancions plus dans le dialogue, témoigne Clémence Moullot, analyste gérante ISR chez Edram. Il nous fallait aborder le sujet par un autre angle. » En l’occurrence, celui de la matérialité financière. « Les risques climatiques sont aussi des risques financiers pour une entreprise, et pour un actionnaire », prévient Luisa Flores, directrice des recherches en finance responsable chez Ofi Invest AM.