Le contexte macroéconomique reste incertain même si les risques de récession semblent s’éloigner en Europe. L’inflation devrait se stabiliser et les taux rester durablement élevés. Funds s’interroge sur les atouts de la classe d’actifs dans un tel contexte : Quelles sont les caractéristiques du gisement ? Quels sont les moteurs de performance ? Et les principaux risques qui pèsent sur la classe d’actifs ? Les convertibles offrent-elles une bonne protection contre la volatilité des marchés actions qui ont commencé l’année en fanfare ? Comment se comporte le marché primaire depuis le début de l’année ? Les émissions sont-elles attractives pour les investisseurs ? Faut-il privilégier une zone géographique ou une approche globale de la classe d’actifs ? Quel est le rôle des convertibles dans une allocation d’actifs ?
- Les obligations ont retrouvé du rendement et les marchés actions ont bien performé depuis le début d’année. Dans cet environnement, comment évolue la classe d’actifs ?
- Quelles sont les principales caractéristiques du gisement des convertibles ? Après avoir souffert de la rotation de style croissance versus value en 2022, la classe d’actifs pourrait-elle bénéficier d’une rotation plus favorable cette année ?
- Quelles sont les différences entre les gisements américain, européen et asiatique ?
- Est-ce que cet attrait retrouvé se matérialise dans les flux ? Qui achète des fonds de convertibles ?
- Pourquoi ces fonds, qui ont un profil assez patrimonial, n’ont-ils pas plus de succès auprès des banques privées ou des CGP ?
- Que représente la poche convertibles dans une allocation d’actifs ?
- En plus des nouveaux profils de sociétés ou d’une meilleure qualité de crédit, avez-vous constaté des nouveautés sur le marché primaire ?
- Les critères ESG sont-ils facilement intégrables dans la gestion d’un fonds d’obligations convertibles ?
- Quels sont les principaux risques identifiés pour la classe d’actifs ?
- Faut-il avoir une approche régionale ou globale de la classe d’actifs ?
Les intervenants :
- Philippe Garnier, gérant convertible sénior, La Banque Postale AM
- Julien Coulouarn, gérant obligations convertibles, Montpensier Finance
- Benjamin Schapiro, directeur de la gestion convertibles, UBP Asset Management (France)
- Antoine Lesné, responsable stratégies et recherche SPDR ETF, State Street Global Advisors
Les obligations ont retrouvé du rendement et les marchés actions ont bien performé depuis le début d’année. Dans cet environnement, comment évolue la classe d’actifs ?
Benjamin Schapiro - Depuis le début de l’année, nous constatons un rebond de la classe d’actifs comme sur l’ensemble des marchés risqués, de l’ordre de 3 à 4 % en moyenne pour les convertibles européennes et globales. Mais ce qu’il faut souligner, c’est surtout le retour du rendement dans les obligations convertibles. Le marché primaire s’est repris après une année 2022 compliquée, caractérisée par un premier semestre très calme – la volatilité n’incitant pas les sociétés à émettre de nouveaux papiers –, et une reprise lente sur le second semestre. Nous sommes revenus sur des rythmes d’émissions en ligne avec les moyennes historiques. En Europe comme aux Etats-Unis, les sociétés émettent des convertibles avec des coupons plus élevés, y compris celles notées investment grade. Certaines ont offert des émissions avec plus de 2 % de rendement. C’est un facteur important à prendre en compte dans les perspectives de performance de la classe d’actifs et de ratio rendement/risque par rapport à ce que nous avons connu historiquement.
Antoine Lesné - Le profil des convertibles a évolué ces cinq dernières années, avec un biais plutôt croissance pour les obligations convertibles monde et une exposition à la croissance américaine et chinoise. Les émissions ont donc concerné les secteurs de la tech, de l’internet et des services de communication. Des secteurs qui, après avoir beaucoup souffert en 2022, ont rebondi en début d’année et les convertibles en ont aussi profité. Le rallye sur les...