Avec la baisse généralisée des rendements financiers et la problématique particulière des fonds en euro, la clientèle privée est en quête de nouvelles solutions d’investissement. Les CGP et les banquiers privés recherchent de nouveaux produits pour répondre aux besoins de leurs clients dans un environnement où l’allocation d’actifs est de plus en plus complexe.
- Comment analysez-vous le comportement des marchés depuis le début de l’année ?
- Gère-t-on différemment un fonds destiné à la clientèle patrimoniale ? La cible de clientèle implique-t-elle des contraintes de gestion ?
- L’intérêt pour les fonds de performance absolue n’est-il pas lié à la déception qu’ont pu engendrer certains fonds flexibles ?
- Quelles sont les différences d'approches entre les fonds patrimoniaux et les fonds flexibles ?
- Quelles sont vos convictions en matière d’allocation d’actifs pour les prochains mois?
Comment analysez-vous le comportement des marchés depuis le début de l’année ?
Certains événements vous ont-ils contraints à remanier les portefeuilles ?
Cédric Baron, responsable multi-asset stratégies, Generali Investments : Deux grands thèmes ont dominé le début d’année : les risques politiques liés aux élections, notamment en France, et la perspective de reflation consécutive à l’élection de Trump aux Etats-Unis. Les investisseurs avaient anticipé une hausse de l’inflation et une remontée graduelle des taux suite à cette élection, en prévoyant notamment de nombreuses mesures fiscales avantageuses.
Les risques politiques ne se sont finalement pas matérialisés en Europe. L’issue des élections françaises, tant attendues, s’est avérée favorable pour les marchés financiers, qui ont enregistré un rebond en Europe après le premier tour. Mais, depuis mai, malgré des données macroéconomiques qui montrent que l’activité se porte plutôt bien en Europe, les marchés européens sont en baisse. Il y a eu des prises de profits à la fin du premier semestre, mais c’est en premier lieu l’appréciation de l’euro face au dollar qui a entraîné une révision des profits attendus des entreprises européennes et a pesé sur les performances.
Quant à la thématique de reflation, elle n’a pas duré longtemps. Jusqu’à aujourd’hui, les attentes concernant les réformes fiscales promises par Trump et susceptibles de porter l’économie américaine ne se sont pas matérialisées. La capacité de Trump à mener à bien cette réforme est remise en cause. Du coup, les taux américains sont aujourd’hui plus bas qu’en début d’année, et les marchés obligataires gouvernementaux sont positifs.