Longtemps le private equity a été une classe d’actifs réservée aux investisseurs institutionnels. Puis la quête de rendement a amené la clientèle privée à s’y intéresser malgré les difficultés pour y investir. Depuis plus de trois ans, les principaux acteurs du private equity travaillent à rendre cette offre disponible, notamment dans les contrats d’assurance-vie. En parallèle, la classe d’actifs a commencé à susciter certaines interrogations sur la pérennité des rendements. Funds s’interroge donc sur l’opportunité d’investir dans le private equity aujourd’hui. Quels sont les atouts de la classe d’actifs alors que la clientèle privée peut aujourd’hui privilégier des actifs obligataires liquides avec des rendements attrayants ? Quelles sont les perspectives (évolutions réglementaires favorables au PE, transition énergétique, etc.) ? Les secteurs attractifs ? Pourquoi le PE est-il si peu représenté dans l’allocation de la clientèle privée (moins de 1% en France contre 20 % aux Etats-Unis) ? Quels sont les freins ? Les investisseurs privés ont-ils accès aux mêmes opérations que les institutionnels ? Comment évolue l’offre ? Quels sont les véhicules aujourd’hui disponibles pour répondre à la demande ? L’offre disponible en assurance-vie ou dans les PER est-elle satisfaisante ? La refonte du label Eltif va-t-elle favoriser l’accès au private equity ? Quels rendements espérer ?
- L’élargissement de l’offre du private equity à destination de la clientèle privée se fait dans un contexte d’interrogations sur la classe d’actifs en général, sur ses risques et sur une moindre attractivité en termes de rendement. Qu’en pensez-vous ?
- De nouveaux acteurs sont donc apparus ces dernières années pour capter les flux importants qui se sont dirigés sur cette classe d’actifs ?
- En tant que fonds de private equity, comment Eurazeo a-t-il perçu l’arrivée de ces nouveaux concurrents ?
- Avez-vous constaté un ralentissement des flux du côté des investisseurs institutionnels qui s’étaient beaucoup intéressés à cette classe d’actifs durant la période de taux négatifs ?
- Cette notion de financement de l’économie réelle est-elle plus prégnante depuis la crise du Covid? Les clients privés sont-ils plus sensibles aux investissements de proximité?
- Les flux en provenance des investisseurs institutionnels étant déjà importants, pourquoi les fonds de private equity ont-ils décidé d’ouvrir leur offre à la clientèle privée?
- L’absence de liquidité est souvent un des freins mentionnés par le retail pour cette classe d’actifs. L’évolution de l’offre permet-elle de lever en partie ce frein?
- Le développement d’une offre sous forme d’UC dont la liquidité est assurée par les assureurs répond-il aux attentes de la clientèle privée?
- La refonte du label Eltif permet-elle un meilleur accès au private equity?
- Les portefeuilles proposés à la clientèle privée sont-ils aussi qualitatifs que les fonds à destination des investisseurs institutionnels? Ou bien a-t-on conçu des fonds de private equity spécifiques pour le retail?
- L’offre en private equity a-t-elle évolué vers des thématiques en particulier, comme la tech ou la santé?
Les intervenants :
- Estelle Dolla, fondatrice et CEO, Private Corner
- Luc Maruenda, partner wealth solutions, Eurazeo
- Xavier Laurent, responsable multigestion et gestion pilotée, Federal Finance Gestion
- Stéphane Rudzinski, président, Rhétorès Finance
L’élargissement de l’offre du private equity à destination de la clientèle privée se fait dans un contexte d’interrogations sur la classe d’actifs en général, sur ses risques et sur une moindre attractivité en termes de rendement. Qu’en pensez-vous ?
Stéphane Rudzinski : Non seulement Rhétorès Finance distribue du private equity depuis quelques années, mais nous avons également ouvert notre capital à fonds de private equity en février 2022. Depuis que notre société est sous LBO, mes convictions sur la classe d’actifs se sont renforcées. Je suis désormais certain que les fonds de private equity, notamment dans le cas des LBO primaires, transforment en profondeur les sociétés dans lesquelles ils investissent. En moins de deux ans, Rhétorès n’est plus la même ! Tout a été analysé, de nouveaux process ont été mis en place, des reportings détaillés sont fournis régulièrement. La présence de cet actionnaire au conseil de surveillance nous challenge en permanence. Il y a désormais un véritable copilote à côté du management historique pour toutes les prises de décisions stratégiques. Et cela change tout dans la gestion d’une société d’avoir un actionnaire impliqué dans la gouvernance et qui favorise également le développement de l’actionnariat salarié. Alors, certes, les fonds de private equity peuvent connaître des échecs, mais globalement, ils ont plutôt du succès grâce à leur expérience et à la multitude d’opérations réalisées. Ils savent parfaitement bien activer tous les leviers pour faire accélérer la croissance. De plus, l’horizon d’un fonds de private equity n’est pas celui de la Bourse et de ses publications trimestrielles. Et cet horizon de temps cré...