Les marchés émergents ont subi de plein fouet le changement de ton de la Réserve fédérale en mai 2013. Aujourd’hui, les actions émergentes apparaissent comme fortement décotées. Beaucoup d’investisseurs commencent à s’y intéresser sans pour autant franchir le pas en raison de nombreuses incertitudes économiques et politiques.
Des marchés émergents sous pression
Funds : Depuis pratiquement un an, les marchés émergents sont sous pression. Le changement d’orientation de la politique monétaire de la Fed a eu des conséquences importantes sur certains marchés et a également mis en lumière de nombreux problèmes structurels. Quelle est votre analyse de la situation ?
Bei Xu, économiste, Natixis : Traditionnellement, les marchés émergents subissent le va-et-vient des flux de capitaux internationaux. Mais lorsque la banque centrale américaine, qui a tellement contribué à l’abondance de la liquidité sur les marchés mondiaux, décide de réduire l’ampleur de la création monétaire, cela introduit une volatilité énorme sur les marchés émergents tant sur les devises que sur les marchés actions ou obligataires.
Jean Médecin : La décision de la Fed a été un révélateur de certaines faiblesses qui existaient au préalable. La réaction des marchés a cependant été disproportionnée, une conséquence sans doute d’une communication maladroite de la banque centrale. Les investisseurs ont finalement compris dans le courant de l’année 2013 que ce tapering allait se traduire par des injections de liquidités moindres mais pas par une réduction du bilan de la Fed. Ce qui explique qu’il y ait aujourd’hui un peu plus de sérénité sur le marché des devises émergentes. Les pays ayant les déficits des paiements courants les plus importants ont été les plus touchés. On a parlé des cinq fragiles : Indonésie, Inde, Turquie, Brésil et Afrique du Sud. L’Indonésie et l’Inde se...