Si les encours sont encore modestes en Europe, les ETF actifs apparaissent à la fois comme un relais de croissance prometteur pour les fournisseurs de solutions passives et comme une diversification stratégique pour les gérants actifs. Qu’est-ce qu’un ETF actif ? Quels sont les principaux atouts de ces produits cotés (accessibilité, frais, transparence…) ? Quelles sont les expertises nécessaires pour lancer un ETF actif et proposer des frais compétitifs ? Faut-il être accompagné pour un acteur jusque-là absent du marché des ETF ? Les ETF actifs peuvent-ils se substituer à n’importe quelle stratégie active sur les actions ou les obligations ? Quelle place leur accorder dans un portefeuille ? Est-ce plus difficile de sélectionner un ETF actif qu’un ETF passif ou un OPCVM ? Les ETF actifs vont-ils permettre une meilleure pénétration du marché retail en France ? Ou vont-ils surtout répondre aux besoins des sélectionneurs de fonds et des allocataires d’actifs ?
- Comment définissez-vous un ETF actif ?
- Pourquoi ce format a-t-il été aussi longtemps réservé à la gestion passive ? Qu’est-ce qui a déclenché cette accélération de lancements d’ETF actifs ?
- En ce qui concerne les frais, les ETF actifs sont plus attractifs qu’un OPCVM, mais moins que les ETF passifs, pour lesquels les fournisseurs se sont livré une bataille féroce. Les frais des ETF actifs sont-ils amenés à se réduire également ?
- Comment les clients français accueillent-ils cette nouvelle offre d’ETF actifs, notamment les investisseurs institutionnels, qui représentent l’essentiel du marché des ETF en France ?
- Un ETF actif réplique-t-il uniquement des stratégies actives existantes ?
- Les investisseurs doivent avoir en tête tout cela et modérer également leurs attentes de surperformance. C’est ce qui explique aussi des frais plus attractifs que la gestion active classique.
- Comment sélectionne-t-on un ETF actif ?
- Avoir une transparence totale du portefeuille dans un ETF actif alors que ce n’est pas le cas pour cette même stratégie dans un fonds ouvert ne pose-t-il pas problème ?
- En proposant des ETF actifs sur des stratégies ayant un active share élevé, ne risque-t-on pas de voir des arbitrages se faire au détriment des fonds actifs ? Et donc, à terme, de dégrader la qualité de cette gestion active ?
- Quelle place accorder aux ETF actifs dans les portefeuilles ? Comment arbitrer entre un ETF passif ou actif ?
- Beaucoup de gérants actifs se lancent désormais sur les ETF. Quelles sont les barrières à l’entrée ?
- La dynamique de lancements d’ETF actifs sera donc portée par les gérants actifs dans les prochaines années ?
- Ce n’est donc pas si simple de choisir un ETF actif… Comment faire de la pédagogie autour de ces produits ?
- Que peut-on attendre de ce nouveau marché des ETF actifs en termes de croissance, de dynamique de lancement, de pénétration auprès du retail, etc. ?
Les intervenants :
- Lorraine Sereyjol-Garros, responsable globale du développement ETF et fonds indiciels, BNPP AM
- Roxane Philibert, responsable produits ETF, Fidelity International
- Michael Srour, responsable des ventes Europe francophone, HANetf
- Mara Dobrescu, directrice de la recherche fonds, Morningstar
Comment définissez-vous un ETF actif ?
Roxane Philibert - Un ETF, au départ, définit simplement une enveloppe, alors que le terme actif indique avant tout qu’on ne cherche pas simplement à répliquer un indice de marché. Il existe alors différents types d’ETF actifs. Certains cherchent à surperformer un indice de référence à travers une gestion active s’appuyant sur diverses sources, comme des données fournies par des outils quantitatifs ou une recherche fondamentale propriétaire de la société qui gère ces ETF. Ceux-ci vont donc avoir un objectif de surperformance tout en gardant des caractéristiques très proches de l’indice du marché en général, avec notamment des contraintes de risque pointues. Dans cette même typologie, certains ETF actifs sont plus libres en termes d’allocation, ils vont avoir une tracking error plus importante puisque le gérant va avoir plus de flexibilité pour pouvoir prendre des paris sur certains secteurs par exemple. Il existe également une catégorie d’ETF actifs dont l’objectif sera autre. Ils ne vont pas forcément chercher à surperformer un indice de référence, mais plutôt à adresser un objectif bien particulier, comme générer du rendement ou diminuer la volatilité, souvent fondés sur des produits dérivés. Enfin, on trouve des ETF actifs multi-assets. Ce sont des ETF un peu plus installés qui investissent dans d’autres ETF en faisant des arbitrages, des sortes de fonds de fonds au sein d’un ETF. La définition d’un ETF actif est donc assez large…
Mara Dobrescu - Un ETF actif reste un ETF,...