Alors que tous les indicateurs semblaient au vert en début d’année, les sujets d’inquiétude se sont multipliés au fil des mois : la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, voire le reste du monde, les problèmes spécifiques aux marchés émergents, la situation italienne, l’inflation, etc., le tout sur fond de ralentissement de la croissance mondiale.Dans cet environnement, après dix ans de quantitative easing aux Etats-Unis puis en zone euro, les banques centrales mettent progressivement un terme aux injections de liquidité.Funds s’interroge sur la meilleure façon d’adapter les portefeuilles face aux évolutions macroéconomiques et à d’éventuels pics de marchés.• Comment appréhender les risques ?• Quels sont les atouts de la gestion flexible dans ce contexte ?• Comment les gérants flexibles protègent-ils les portefeuilles ?• Quelle allocation d’actifs pour les prochains mois ?
- 2018 avait bien débuté, sur fond de croissance mondiale synchronisée, mais le premier semestre a finalement été plus compliqué qu’attendu. Comment a évolué le contexte macroéconomique ?
- L’exposition aux actions que vous aviez en début d’année relevait-elle d’une forte conviction ou était-ce un choix par défaut, la plupart des classes d’actifs offrant des rendements peu attractifs ?
- Fin 2017/début 2018, nous sommes toujours dans un environnement de croissance mondiale synchronisée. Le ralentissement économique a-t-il surpris ?
- L’inflation a été évoquée à plusieurs reprises. Elle a longtemps été un objectif recherché par les banques centrales. Désormais, l’inflation est-elle devenue un facteur de risque. Peut-elle peser sur la croissance ?
- Qu’implique réellement cette guerre commerciale ? Quelles en seraient les conséquences sur la croissance et sur vos allocations d’actifs ?
- La flexibilité constitue-t-elle une réponse dans cet environnement de risques plus ou moins identifiés et de timing incertain ?
2018 avait bien débuté, sur fond de croissance mondiale synchronisée, mais le premier semestre a finalement été plus compliqué qu’attendu. Comment a évolué le contexte macroéconomique ?
Quelles ont été les conséquences sur vos allocations d’actifs ?
Cédric Baron, responsable de l’équipe multi-asset stratégies, Generali Investments :
Il est vrai que l’année avait débuté sur la belle lancée de 2017 sur les marchés actions, avec un excellent premier mois de janvier. La majorité des investisseurs prévoyait un environnement positif pour les marchés actions, sur fond de croissance mondiale synchronisée et de hausse graduelle de l’inflation. Ces deux éléments justifiant alors la prolongation du cycle de resserrement des politiques monétaires. Par ailleurs, il y avait relativement peu de risques visibles, si ce n’est le positionnement excessif sur les marchés actions. Les portefeuilles étaient donc nettement exposés en début d’année sur les actions. Il a suffi d’un grain de sable, en l’occurrence des chiffres d’inflation supérieurs aux anticipations aux Etats-Unis et des effets de congestion sur certains marchés pour que tous les actifs risqués se retournent violemment en février. Cette correction ne paraissait pas justifiée fondamentalement, mais, après une certaine stabilisation a commencé une deuxième phase marquée par la montée des incertitudes politiques, et notamment le début du conflit sur les barrières douanières initié par D. Trump. Etant donné le potentiel impact que pourrait avoir une guerre commerciale sur la croissance mondiale ou encore celui que pourrait avoir le gouvernement populiste italien sur la stabilité de la zone euro, les fondamentaux économiques passent aujourd’hui au second plan.
Malgré la perte de momentum de l’économie européenne, les fondamentaux restent positifs, avec une croissance...