La crise du Covid-19 a rebattu les cartes sur les marchés financiers. L’intervention des principales banques centrales pour en limiter les conséquences sur le plan économique crée un nouvel environnement pour les investisseurs en obligations.
- Quel bilan peut-on tirer de ce premier semestre et des conséquences de la crise du coronavirus sur les marchés obligataires ?
- Cette récupération rapide résulte-t-elle de l’action des banques centrales ?
- En quoi l’action des banques centrales est-elle différente de ce que nous avons connu ces dernières années ? Pensez-vous qu’il y aura plus d’impacts positifs cette fois-ci sur l’économie réelle ?
- Peut-on imaginer, dans cette crise, que l’action combinée des banques centrales et des Etats à travers les plans de relance soit plus efficace ? Est-ce trop optimiste de l’envisager ?
- Beaucoup d’investisseurs sont revenus très vite sur les marchés actions, sur certains secteurs en particulier. Est-ce le cas également sur les marchés obligataires ? Comment les flux ont-ils évolué depuis le début de l’année ?
- La remontée des taux de défaut est-elle le principal risque à surveiller à court terme ? Quels sont les autres risques ?
- Ce risque vous semble plus important que la perspective d’une réélection de Trump précédée d’une escalade du conflit sino-américain…
- Bien que l’inflation ne soit pas un risque à court terme, faut-il tout de même s’en inquiéter ? Et quelle zone serait la première concernée ?
- Dans l’environnement actuel, quelles sont les classes d’actifs obligataires les plus attractives ? Quelles perspectives de rendement peut-on espérer ?
- Faut-il s’intéresser aux subordonnées financières ?
- Quels sont les atouts d’une approche flexible dans le contexte actuel ?
Quel bilan peut-on tirer de ce premier semestre et des conséquences de la crise du coronavirus sur les marchés obligataires ?
Sunjay Mulot
Nous avons vécu des mois historiques, puisqu’il s’agit de la pire crise sanitaire et économique jamais connue depuis la Seconde Guerre mondiale : la population a été confinée à travers le monde, l’activité mondiale s’est effondrée, et les prix du pétrole sont passés temporairement en territoire négatif. Les chiffres macroéconomiques ont connu de tels extrêmes que les échelles des graphiques n’étaient plus adaptées ! Nous sommes désormais dans la phase deux, qui consiste à vivre avec le Covid-19 et à tenter d’éviter une seconde vague. La reprise économique sera très lente et incertaine. Quoi que l’on fasse, nous ne retrouverons pas la trajectoire de croissance que nous avions avant la crise. Les dernières estimations de l’OCDE montrent d’ailleurs une chute vertigineuse de la croissance, de plus de 10 % en 2020 dans plusieurs pays comme la France, l’Espagne ou l’Italie, de 6 à 7 % aux Etats-Unis, au Canada et en Allemagne, et de 6 % environ pour la croissance mondiale. Et ce sous réserve que l’épidémie ne frappe qu’une seule fois. Les dettes publiques vont exploser, tandis que le chômage va atteindre des niveaux inédits. Cela aura un impact sur l’inflation qui devrait rester atone.
Nicolas Leprince
Ces six derniers mois se sont aussi caractérisés, sur les marchés financiers, par une absence de liquidité et des corrélations entre les classes d’actifs compliquées à gérer. Certains mouvements étaient surprenants : entre le 9 et le 19 mars, les taux d’intérêt ont beaucoup remonté, alors que nous...