L’embellie économique et la perspective d’une remontée des taux ont fait des actions la classe d’actifs à privilégier en début d’année. Mais la correction des marchés début février a jeté un froid. Les investisseurs reviendront certainement sur la classe d’actifs, mais avec plus de prudence en raison de la volatilité. Certains investisseurs sont cependant soit réticents à l’idée de trop s’exposer aux marchés actions, soit contraints par la réglementation. Pour répondre à cette problématique, certaines sociétés de gestion développent des approches innovantes. Funds fait un point sur ces différentes approches : approche flexible sur les actions (0-100 %), smart beta, actions couvertes, etc.• A quels besoins répondent ces stratégies ?• Comment fonctionnent-elles ? • Quelle place leur accorder dans un portefeuille ?
- Que s’est-il donc passé sur les marchés début février alors que l’année avait débuté sur les chapeaux de roue ?
- Pourquoi l’annonce le 2 février d’une hausse des salaires américains, pourtant attendue depuis des mois, a-t-elle déclenché le mouvement de baisse ?
- En parlant de flux, la correction début février a-t-elle un impact ou bien les investisseurs sont-ils restés investis dans les fonds actions ?
- Qu’est-ce qui vous a amenés à réfléchir à une nouvelle offre de gestion sur les actions?
- Ces stratégies ont été conçues pour limiter les effets des baisses de marché. Est-ce que cela implique d’accepter une moins bonne performance quand les marchés montent ?
Que s’est-il donc passé sur les marchés début février alors que l’année avait débuté sur les chapeaux de roue ?
La correction sur les marchés actions est-elle due à un excès d’optimisme ? Faut-il désormais envisager 2018 autrement ?
Tatjana Xenia Puhan : Nous estimons que l’année 2018 sera toujours positive pour les actions, mais que l’environnement sera plus volatil. Il semble désormais acquis que les taux vont remonter, dans un contexte macroéconomique favorable, peut-être plus rapidement que prévu. Janvier a été un mois surprenant, puisque les marchés y ont réalisé l’essentiel de la performance attendue pour 2018. Ce qui était sans doute un peu trop positif. Cependant, la baisse des marchés début février ne nous a pas alarmés outre mesure. La réaction à certaines nouvelles a sans doute été excessive, peut-être déclenchée aussi par des éléments techniques. L’accalmie est tout de même revenue rapidement grâce à un environnement macroéconomique favorable pour les résultats des entreprises.
Michaël Nizard : Chez Edmond de Rothschild AM, nous étions convaincus qu’il y aurait un changement de paradigme cette année après plus de quinze mois de hausse continue du MSCI World avec très peu de volatilité. Il y avait un niveau de complaisance important sur les marchés. Plusieurs sous-jacents justifiaient cette hausse : la persistance d’une faible inflation et une normalisation graduelle des politiques des banques centrales. Les éléments qui ont pesé sur les marchés sont plutôt d’ordre techniques et/ou financiers que macroéconomiques. La tendance était plutôt de prendre beaucoup de risque, notamment dans les portefeuilles CTA qui se basaient sur des niveaux de corrélation entre les obligations et les actions...